Les régions en zone jaune ou en zone orange sont en état d’alerte à l’approche du temps des Fêtes. Des maires des quatre coins de la province demandent aux visiteurs de rester à la maison ou de faire preuve d’une grande prudence s’ils doivent se déplacer dans leur région durant le congé de Noël.

Émilie Bilodeau Émilie Bilodeau
La Presse

« On est chanceux d’être dans une zone jaune, mais c’est extrêmement fragile. Ça ne prendrait pas grand-chose pour qu’il y ait une éclosion », affirme Sébastien D’Astous, le maire d’Amos. Malgré son inquiétude, il sait que l’Abitibi-Témiscamingue recevra bien des visiteurs des zones rouges dans les prochaines semaines. C’est le cas de nombreux jeunes qui ont quitté la région pour étudier au cégep ou à l’université et qui reviendront dans leur famille à Noël.

La Direction régionale de santé publique travaille justement à établir des règles sanitaires pour ceux qui ont deux adresses : une dans la région et une autre en zone rouge. « On va sûrement demander à ces personnes de ne pas aller magasiner, de ne pas aller dans les restaurants et de rester à leur adresse, affirme M. D’Astous. On veut maintenir notre zone jaune au retour des Fêtes. »

À Sept-Îles, le maire Réjean Porlier croit qu’il est « utopique » de penser que sa région ne recevra aucun visiteur. Il espère que les gens de passage se soumettront à une quarantaine volontaire pour minimiser la transmission du virus sur la Côte-Nord, qui se trouve actuellement en zone jaune.

« J’ai toujours dit que ce qui me fait le plus peur, c’est nos gens à nous, nos familles. Quand ils reviennent, naturellement, on a envie de les enlacer, de les toucher », dit M. Porlier.

En plus, les gens risquent de prendre un verre. Avec la boisson, on se relâche un peu, on devient jovial. Si jamais ça va jusque-là, si les gens ont fait leur quarantaine, au moins, ça va réduire les risques.

Réjean Porlier, maire de Sept-Îles

Zones orange

Dans les Laurentides, en zone orange, Val-David reçoit habituellement de nombreux visiteurs de la région montréalaise qui louent un chalet pour la saison hivernale. La mairesse Kathy Poulin ne veut pas interdire l’accès à sa municipalité aux villégiateurs. « Nous, ce qu’on demande, c’est que les gens des zones rouges évitent d’aller dans les commerces et qu’ils respectent les consignes de distanciation physique quand ils sont dehors », explique-t-elle.

Consultez les paliers d'alerte des différentes régions du Québec

Dans le Bas-Saint-Laurent, le maire de Rimouski craint pour sa part que sa région – actuellement en zone orange – bascule en zone rouge, bien avant Noël. Depuis trois jours, le nombre de cas de COVID-19 augmente considérablement dans la région. Si la prédiction de Marc Parent se confirme, les rassemblements de six personnes ne seront plus permis dans sa ville, pour Noël.

Le moral de plusieurs personnes est affecté. C’est certain que passer le temps des Fêtes en zone rouge, ça ne sera pas facile. Mais c’est comme ça pour beaucoup de monde au Québec.

Marc Parent, maire de Rimouski (actuellement en zone orange)

Marc Parent espère que ses concitoyens se tourneront vers les activités extérieures pour chasser l’ennui.

Le DRichard Fleet, qui représente les urgences en région rurale à l’Association des médecins d’urgence du Québec, a quant à lui salué la décision de Québec d’interdire les rassemblements dans les zones rouges. Il estime que les 26 petites urgences étaient les plus à risque en cas de rassemblements. « Ça mettait à risque toute la population qui risquait de se contaminer, mais aussi le personnel médical qui est déjà en surcharge », explique le médecin en soulignant que ce sont parfois jusqu’à 30 % à 50 % des gardes qui sont assurées par des médecins dépanneurs.

— Avec Ariane Krol, La Presse