Inquiète pour la santé des rues commerciales de Montréal, la mairesse a appelé les citoyens à acheter et à s’offrir des cadeaux malgré l’interdiction des rassemblements pour les Fêtes.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

Valérie Plante s’est dite déçue par l’annonce du gouvernement du Québec, survenue en début d’après-midi jeudi, tout en l'acceptant totalement.

« On aurait tous aimé avoir un petit moment de répit et de chaleur humaine - dans les règles de la santé publique - mais il faut mettre toutes les chances de notre côté », a-t-elle dit. « Trop de personnes sont décédées de la COVID-19, on doit se relever les manches et suivre les règles. »

L’annulation du réveillon ne devrait toutefois pas entraîner l’annulation des étrennes, a ajouté Mme Plante. Neveux, nièces et petits-enfants devraient tout de même recevoir leurs boites de la part du père Noël.

« S’il y a quelque chose qui va nous faire du bien, même si on est chacun chez soi, c’est bien de recevoir un cadeau sur le pas de la porte ou par la poste », a-t-elle dit. « J’encourage les Montréalais(e)s à magasiner et à aller sur leurs artères commerciales locales. »

Son administration avait d'ailleurs mis en place des mesures, notamment la gratuité des parcomètres et l'instauration de zones débarcadères, afin de simplifier la course aux cadeaux en ville. L'objectif était de pousser les Montréalais et les résidents des banlieues à revenir à Montréal pour y faire leurs achats.

Plan de relance

Mme Plante a soumis cette idée dans le cadre d’une conférence de presse où le plan de relance pour l’économie de Montréal a été annoncé. Les investissements, qui proviennent d’un important transfert de Québec, totalisent 60 millions de dollars, dont 10 millions pour le centre-ville.

La mairesse et son lieutenant responsable du développement économique, Luc Rabouin, ont énuméré pendant presque 30 minutes la liste des mesures prévues pour permettre à l'économie montréalaise de rebondir une fois la pandémie passée.

« J’y crois que le centre-ville va redevenir dynamique. On n’arrête pas de faire nos investissements : la rue Sainte-Catherine, on y croit et on voit déjà l’impact que ça a », a souligné Mme Plante. « Quand la machine va repartir, on va être prêts. »

La Ville veut par exemple améliorer la propreté et l'animation au centre-ville de Montréal, en plus de réfléchir à l'avenir du quartier. Elle financera davantage les incubateurs d'entreprises et aidera «les salles de spectacles à se numériser et à mieux insonoriser leurs espaces», par exemple.

Elle prévoit aussi mettre en place d'un programme qui aiderait les commerces qui louent leurs espaces à devenir propriétaires de ceux-ci. Les détails demeurent à établir, a affirmé Luc Rabouin, mais le modèle pourrait s'inspirer de l'aide accordée aux ménages qui font leur premier achat immobilier dans le cadre du programme AccèsCondo.

Le milieu des affaires satisfait

Le milieu des affaires s'est dit satisfait par ce plan de relance.

« La Ville montre, avec ce plan, sa volonté d’aider les secteurs économiques affectés par la crise à la hauteur des moyens qui sont les siens », a déclaré Michel Leblanc, patron de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. « Nous avons besoin non seulement d’aide directe aux entreprises, mais également d’une vision claire pour la relance, qui s’appuie sur les secteurs phares et les forces distinctives de la métropole.»

M. Leblanc a particulièrement applaudi l'attention accordée aux industries du tourisme, de la restauration et du spectacle, durement touchées par la crise actuelle.

La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante s'est particulièrement réjouie de certains allègements réglementaires promis par l'administration Plante.

«La voie empruntée par la Ville de Montréal est la bonne à suivre», a indiqué l'organisation dans un communiqué. «La FCEI espère que cet élan sera également suivi par les autres municipalités du Québec.»

Pour sa part, l'opposition officielle à l'hôtel de ville de Montréal était moins enchantée par l'annonce de la Ville.

«L’administration veut rendre le centre-ville à nouveau une destination, mais ironiquement, personne n’a été aussi mauvais pour l’économie du centre-ville que Projet Montréal : des places de stationnement sacrifiées, des taxes qui ont été sans arrêt augmentées et une désertification causée par la mauvaise coordination des chantiers», a dénoncé son chef, Lionel Perez, via une déclaration écrite.

Et il a ajouté : « on est en période d’instabilité économique majeure et Montréal va encore souffrir du grand manque de leadership de l’administration Plante ».