(Ottawa) Le chef conservateur Erin O’Toole a refusé de jeter la pierre à son député Derek Sloan, qui parraine une pétition comparant l’opération vaccination contre la COVID-19 à une « expérimentation humaine ».

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

Trois fois plutôt qu’une, pendant une conférence de presse qui portait sur une motion exhortant les libéraux à dévoiler le plan sur la distribution du vaccin, le dirigeant de la formation a esquivé les questions portant sur l’élu ontarien.

L’élu Sloan, un farouche opposant au port obligatoire du masque, parraine une pétition dans laquelle on laisse entendre que les gens qui recevront un vaccin feront essentiellement office de cobayes, et que « les vaccins contre la COVID-19 ne sont pas conçus pour empêcher l’infection ou la transmission ».

« Le développement des vaccins contre la COVID-19 se fait dans la précipitation », et « les protocoles standard de sécurité, exigés par mesure de prudence, sont laissés de côté, comme en ce qui concerne l’expérimentation animale », est-il aussi avancé dans la pétition.

Or, depuis plusieurs jours, dans les banquettes conservatrices, on réclame haut et fort l’arrivée de vaccins.

PHOTO FRANK GUNN, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Derek Sloan

Jeudi, le chef O’Toole se présentait devant les journalistes pour discuter d’une motion exigeant un rapport de situation sur la façon dont chaque type de vaccin « sera livré en toute sécurité au Canada » ainsi que « la date à laquelle chaque type de vaccin commencera à être déployé au Canada », entre autres.

Êtes-vous d’accord avec le fait qu’un de vos députés parraine une pétition qui contredit votre position sur la vaccination ? Êtes-vous à l’aise qu’il dépose une position ? En avez-vous parlé à M. Sloan ? S’expose-t-il à des conséquences ?

Le leader de l’opposition n’a répondu directement à aucune de ces questions, sauf pour plaider que le dépôt d’un plan contribuera à « éduquer les Canadiens », et que « l’information aidera à apporter une certitude à beaucoup de Canadiens ».

La pétition endossée par l’élu de l’Ontario, un ex-candidat à la direction du Parti conservateur associé à la frange à droite de la formation qui est aussi un fidèle de L’Église adventiste du septième jour, remonte au 3 novembre dernier.

Pendant la course à la direction, Derek Sloan a pris part à une manifestation anti-masque à Québec. Il a aussi accusé l’administratrice en chef de l’Agence de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, d’être de mèche avec le régime chinois ; il avait réclamé sa démission.

« De bons éléments » à la pétition

L’élu a déclaré mercredi qu’il y avait « de bons éléments » dans la pétition, qu’il devrait néanmoins en « relire tous les éléments pour vous dire si je suis en accord ou en désaccord », mais que sa « philosophie est que les pétitions permettent aux citoyens d’avoir une voix ».

La pétition virtuelle, qui est ouverte aux signatures jusqu’au 1er février prochain, a été appuyée par 24 000 personnes jusqu’à présent, dont environ 8000 de l’Ontario, 5300 de l’Alberta, 5200 de la Colombie-Britannique et près de 2000 du Québec.

Un député de la Chambre des communes peut décider s'il parraine ou pas une pétition qu'on lui soumet.

En vertu des règles en vigueur, « quand cinq personnes acceptent d'appuyer une pétition, celle-ci est envoyée au député, qui a 30 jours pour prendre une décision [...] En acceptant d'autoriser la publication en ligne, le député n'approuve pas nécessairement les opinions ou la demande formulées dans la pétition électronique ».