C’est au CHU de Québec que seront bientôt vaccinés 65 participants à la phase II du vaccin de l’entreprise pharmaceutique québécoise Medicago.

Alice Girard-Bossé Alice Girard-Bossé
La Presse

« On a une entente avec Medicago de vacciner 65 personnes au CHU de Québec. On devrait commencer à vacciner la semaine du 13 décembre », affirme le Dr Marc Dionne, médecin spécialiste en santé publique et responsable du site de vaccination du CHU de Québec. D’ici là, les participants doivent compléter une évaluation médicale, afin qu’on s’assure qu’elles répondent aux critères d’inclusion sur leur état de santé.

En tout, 600 personnes seront recrutées pour la phase II de l’étude. « On se partage le recrutement entre une quinzaine de sites au Canada et aux États-Unis », explique le DDionne. « La majorité des participants seront recrutés ici au Québec », précise le Dr Brian Ward, officier médical chez Medicago et professeur en maladies infectieuses à l’Université McGill. Le DDionne explique qu’il y a quatre sites de vaccination de Medicago au Québec, dont le Centre universitaire de santé McGill et l’entreprise sherbrookoise Q&T.

Les prochaines étapes

La phase I du vaccin de Medicago avait permis de tester différents dosages. « La phase II permettra maintenant de tester, avec le dosage retenu, si le vaccin est sécuritaire et s’il donne des bonnes réponses immunitaires », indique le DDionne.

L’équipe recrute en ce moment les 65 participants qui prendront part à l’étude. Le DDionne explique qu’il sélectionnera principalement des personnes qui ont déjà participé à des études au CHU de Québec. Les personnes choisies doivent avoir 18 ans ou plus et être en bonne santé. Les participants seront suivis pendant un an, mais il y aura probablement un chevauchement des phases II et III.

« Si tout va bien, on peut anticiper débuter la phase III au début de l’année 2021 », affirme le DWard. Dans la phase III, Medicago devra recruter environ 30 000 personnes à l’échelle mondiale.

Pour qu’une étude de phase III réussisse, il faut qu’il y ait des gens malades, pour savoir si le vaccin protège bel et bien du virus. Il faut avoir énormément de personnes pour avoir des résultats rapidement.

Le Dr Marc Dionne, responsable du site de vaccination du CHU de Québec

Le Dr Dionne précise que le groupe des personnes recrutées en phase III devra être très diversifié quant à leur état de santé.

Le DWard est positif face à l’avancement des recherches. « C’est une fierté si j’ai l’occasion de recevoir un vaccin qui a été conçu et fabriqué au Québec », affirme-t-il.

La liste prioritaire devra être amincie, dit la Dre Tam

Les autorités fédérales de santé avaient annoncé, jeudi dernier, que 3 millions de Canadiens parmi les plus vulnérables allaient être vaccinés entre janvier et mars. Toutefois, les 6 millions de doses ne seront pas suffisantes pour couvrir la liste des priorités établie par Ottawa, a annoncé mercredi la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de l’Agence de la santé publique du Canada. Cette liste devra donc être réduite.

Il reviendra à chaque province et territoire de décider qui sera vacciné en premier contre la COVID-19. Le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) a dressé un guide pour établir cette liste prioritaire.

De son côté, Santé Canada a publié un communiqué pour calmer la grogne soulevée par l’annonce d’une vaccination dès lundi, au Royaume-Uni, grâce au vaccin Pfizer/BioNTech. « L’examen indépendant de ce vaccin par Santé Canada est en cours et devrait être terminé prochainement », promet le ministère fédéral.