Alors que les conservateurs réclament à cor et à cri un vaccin contre la COVID-19 au plus vite, un de leurs élus parraine une pétition décrivant le processus de vaccination comme une « expérimentation humaine » et remettant en question l’utilité des vaccins contre le virus.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

« Le contournement des protocoles de sécurité applicables signifie que la vaccination contre la COVID-19 équivaut véritablement à une expérimentation humaine », stipule-t-on dans le préambule de la pétition que parraine le député ontarien Derek Sloan.

Et « les vaccins contre la COVID-19 ne sont pas conçus pour empêcher l’infection ou la transmission », ajoute-t-on dans le texte de la pétition virtuelle qui a été signée par plus de 22 000 personnes jusqu’à présent, et qui se trouve sur une page web du gouvernement.

La démarche est endossée par l’élu de l’Ontario, un ex-candidat à la direction du Parti conservateur associé à la frange très à droite de la formation, qui est aussi un fidèle de L’Église adventiste du septième jour, et remonte au 3 novembre dernier.

Des médias anglophones de la colline du Parlement ont remarqué et rapporté son existence, mercredi.

À sa sortie de la réunion hebdomadaire du caucus conservateur, Derek Sloan a soutenu qu’il y a « de bons éléments » dans la pétition. « Je devrais relire tous les éléments pour vous dire si je suis en accord ou en désaccord, mais ma philosophie est que les pétitions permettent aux citoyens d’avoir une voix », a-t-il dit.

Lorsqu’on lui a demandé s’il comptait se faire vacciner, l’élu a affirmé que sa décision n’était pas arrêtée. « Je crois que je vais prendre une décision en me basant sur l’information, lorsqu’elle sera disponible », a-t-il offert au micro.

Le député est opposé à l’obligation du port du masque. Il l’a dit et écrit à plusieurs reprises, notamment sur Twitter. En juillet dernier, pendant la campagne à la direction du parti, il avait participé à une manifestation antimasque à Québec.

Derek Sloan s’est aussi fait remarquer en accusant l’administratrice en chef de l’Agence de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, d’être de connivence avec le régime chinois. Il avait d’ailleurs réclamé sa démission.

Au bureau du chef conservateur Erin O’Toole, on n’a pas souhaité commenter l’affaire, mercredi, sauf pour mentionner que « les députés parrainent diverses pétitions pour permettre aux Canadiens de participer au processus démocratique ».

Les conservateurs veulent les vaccins

Peu de temps après, du côté de la Chambre des communes, le chef de l’opposition officielle et ses troupes continuaient de pilonner le gouvernement Trudeau, réclamant un plan concret sur la distribution du vaccin et déplorant le fait que d’autres pays y auront vraisemblablement accès avant le Canada.

« Le gouvernement libéral a eu peur de se battre pour avoir des vaccins en priorité pour les Canadiens. Les Québécois sont inquiets et Noël approche. C’est le temps de donner de l’espoir », a notamment argué Erin O’Toole.

L’approbation du vaccin de Pfizer par le Royaume-Uni leur a donné de nouvelles munitions. Notons que les autorités européennes ont reproché aux autorités britanniques d’avoir donné le feu vert trop hâtivement, alors que leur propre processus d’homologation est toujours en cours.