Moderna a soumis lundi le dossier de son vaccin contre la COVID-19 à Santé Canada et espère qu’il sera approuvé « d’ici quelques semaines ». L’entreprise américaine a dévoilé lundi des résultats encourageants, avec un taux d’efficacité semblable pour les personnes âgées.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

Cela ne signifie pas pour autant qu’un vaccin arrivera au Canada d’ici la fin de l’année. « Moderna est sur la bonne voie pour fabriquer jusqu’à 20 millions de doses d’ARNm-1273 pour le marché américain en 2020, et pour commencer les livraisons de son vaccin dans le monde entier à partir du premier trimestre de 2021 », a déclaré l’entreprise par l’entremise de sa porte-parole québécoise Julie Groleau. Le Canada a acheté 20 millions de doses du vaccin de Moderna.

C’est que le vaccin de Moderna est produit aux États-Unis, en Suisse et en Espagne, et que les doses produites chez notre voisin du Sud iront au marché américain. C’est la même chose pour Pfizer, qui fabriquera en Belgique les doses pour le Canada. Le Canada a acheté 76 millions de doses du vaccin de Pfizer, mais plus des deux tiers de cette somme constituent une option d’achat, pas un contrat ferme.

Lueur d’espoir, un rapport de la banque Goldman Sachs, lundi, a prédit que la moitié des Américains et des Canadiens seraient vaccinés d’ici avril. La semaine dernière, le gouvernement fédéral a indiqué que seulement 3 millions de Canadiens seraient vaccinés d’ici mars.

Le Globe and Mail a rapporté lundi que le gouvernement libéral avait attendu avant de passer des commandes à ces sociétés parce qu’une entreprise chinoise, CanSino, avait promis de développer son vaccin avec des chercheurs canadiens de l’Université Dalhousie à Halifax. Le gouvernement chinois aurait finalement interdit l’exportation du vaccin de CanSino à l’étranger. Résultat : les commandes de vaccin du gouvernement canadien ont été faites en août, soit un à deux mois après d’autres pays occidentaux.

Le gouvernement américain s’est dit prêt à expédier à des centres de vaccination 6,4 millions de doses d’un vaccin qui serait approuvé par la Food and Drug Administration (FDA), qui règlemente les médicaments. La FDA se penchera sur le vaccin de Pfizer le 10 décembre et sur celui de Moderna le 17 décembre.

Complications pour AstraZeneca ?

AstraZeneca, de son côté, a plusieurs usines partout dans le monde, notamment en Inde. Mais son vaccin a connu la semaine dernière un curieux revers : des scientifiques de la société britannique, qui a travaillé avec des chercheurs de l’Université d’Oxford, ont admis qu’une part essentielle, voire la plus intéressante partie de leurs résultats est le fruit d’une erreur. Des participants à son essai clinique ont reçu une demi-dose du vaccin, au lieu d’une dose complète, comme première dose.

Or, ce groupe ayant reçu une demi-dose puis une dose complète montre un taux d’efficacité du vaccin de 90 %, contre 62 % pour ceux qui avaient reçu deux doses complètes. Des experts ont avancé que cette erreur, même si elle est providentielle, pourrait compliquer l’approbation du vaccin.

Le vaccin d’AstraZeneca utilise un « vecteur viral », un virus inoffensif, pour transporter des protéines du SARS-CoV-2, le coronavirus responsable de la COVID-19. Le corps du récipiendaire du vaccin a une réaction immunitaire contre le vecteur viral, le virus inoffensif, qui diminue l’efficacité de la deuxième dose de vaccin. Avec une demi-dose en premier, la réaction immunitaire contre le vecteur viral est moins forte, donc moins problématique pour l’efficacité de la deuxième dose de vaccin.