(Québec) Le premier ministre François Legault s'est dit « ouvert » à ce que le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, soit entendu en commission parlementaire. Le Parti libéral du Québec (PLQ) a déposé une demande officielle en ce sens, mardi.

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

La porte-parole en matière de santé chez les libéraux, Marie Montpetit, s’est adressée à la Commission de la santé et des services sociaux pour convoquer le DArruda dans le cadre d’une commission parlementaire d’ici la fin des travaux de l’Assemblée nationale à la mi-décembre. L’exercice pourrait être d’une durée de trois heures, propose le PLQ.

Invité à répondre à la demande des libéraux, le premier ministre Legault a soutenu que son gouvernement « n'a rien à cacher » et qu'il est « ouvert à ce que le Dr Arruda puisse répondre aux questions des députés ».

« Évidemment, [le Dr Arruda] est un petit peu occupé actuellement, donc il faut voir quel est le meilleur moment pour faire ça. Mais on n'a rien à cacher, là, donc on va voir avec l'opposition effectivement quand et comment on peut faire ça si le Dr Arruda le veut bien », a précisé M. Legault en conférence de presse.

Le principal intéressé a affirmé qu'il accepterait l'invitation de la commission. « Je pense qu'en tant qu'homme qui est là pour la population du Québec, si on me demande de me présenter, je vais me présenter », a mentionné le Dr Arruda.

Pour « mieux comprendre »

« La démarche pourra permettre aux Québécois de comprendre comment la Santé publique conseille le premier ministre et analyse les différentes options dans la gestion de la crise de la COVID », a fait valoir mardi la cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade. « Ça fait maintenant neuf mois que nous sommes en crise, et jamais, comme parlementaires, nous avons entendu directement le directeur de la santé publique », a-t-elle ajouté.

Elle a énuméré une série de questions que les parlementaires de sa formation aimeraient soumettre au DArruda. « La semaine dernière, il a dit qu’il aurait bien aimé pouvoir expliquer au D[Anthony] Fauci sa vision des choses versus les personnes asymptomatiques puis comment elles devraient être testées », a-t-elle soulevé. « Pourquoi il ne vient pas l’expliquer directement aux parlementaires ? »

Cette demande libérale ne se substitue pas à celle de tenir une enquête publique sur la gestion de la crise de la pandémie de la COVID-19 qui a fait plus de 7000 morts au Québec.

« L’ancienne ministre de la Santé [Danielle McCann], ainsi que les sous-ministres qui ont été limogés par le premier ministre, devront, un jour, eux aussi, répondre aux questions quant aux décisions qui ont été prises depuis janvier », a souligné Mme Anglade.

Les partis d’opposition réclament depuis plusieurs mois que le gouvernement Legault apporte des éclaircissements sur le processus de prise de décisions entre le politique et la santé publique au sujet des mesures sanitaires, notamment. Québec solidaire s’est d’ailleurs dit en faveur du mandat d’initiative soumis à la Commission de la santé et des services sociaux par les libéraux.

« Je pense que comme opposition, de pouvoir parler directement avec la Santé publique, bien sûr que c’est intéressant. Ceci étant dit, je vous rappelle qu’on a besoin, au quotidien, d’un premier ministre qui est transparent par rapport à ce qu’il possède comme [données] et informations pour prendre ses décisions », a affirmé la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé.