Le CHSLD Maimonides, dans l’ouest de l’île de Montréal, a transféré dimanche 20 résidants dans des hôpitaux locaux dans le but de contenir une éclosion de COVID-19 au sein de l’établissement.

Alice Girard-Bossé Alice Girard-Bossé
La Presse

Antoine Trussart Antoine Trussart
La Presse

Ce déménagement survient au moment où le nombre de cas dans la province demeure élevé. Le Québec recensait dimanche 1395 nouvelles infections et 12 nouveaux décès, dont 4 survenus dans les 24 heures précédentes, et 8 entre le 22 et le 27 novembre. Ces nouvelles données portent le total de morts dans la province à 7033 depuis le début de la pandémie.

Dimanche matin, 18 résidants du Centre gériatrique Maimonides ont été envoyés à l’hôpital Hôtel-Dieu et deux autres résidants ayant besoin de soins intensifs ont été transférés à l’Hôpital général juif de Montréal. Dix autres résidants, après avoir été évalués par un médecin, sont de retour dans leur chambre après avoir été transférés dans la zone chaude de Maimonides.

À partir de la fin d’octobre, les résidants infectés étaient isolés au 7e étage. Le personnel faisait très attention, mais il y avait toujours un risque.

Franck Lasry, fils d’une résidante à l’établissement de soins de longue durée Maimonides

En date du 28 novembre, 10 résidants sont morts à Maimonides au cours de la deuxième vague de la pandémie de COVID-19, selon les données du ministère de la Santé.

Les familles toujours préoccupées

« On est contents, mais il y a encore de l’ouvrage. Ce n’est pas fini, ça ne fait que commencer », précise Joyce Shanks, fille d’un résidant qui vit dans ce CHSLD depuis cinq ans.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Le Centre gériatrique Maimonides, dont 20 résidants infectés à la COVID-19 ont été transférés à l’hôpital Hôtel-Dieu et à l’Hôpital général juif de Montréal.

Franck Lasry affirme que les autorités sanitaires doivent en faire plus pour maîtriser l’épidémie dans l’établissement. Il souhaite que les membres du personnel soient obligés d’être testés, comme le sont les proches aidants.

« Les employés ne sont pas obligés de se faire tester, ça reste volontaire. Selon moi, c’est une des raisons de l’éclosion », affirme M. Lasry. Un nouveau règlement oblige toutefois les proches aidants à se faire tester avant d’entrer dans la résidence. « Il y a eu 22 personnes contaminées dans le personnel, et 7 ou 8 proches aidants. On voit que la contamination vient des deux côtés », ajoute-t-il.

La présidente-directrice générale adjointe du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, Francine Dupuis, a indiqué que le CIUSSS avait maintenant l’intention de rendre obligatoire pour les soignants d’avoir un résultat négatif au test de COVID-19 avant d’entrer dans les établissements de soins de longue durée.

Le gouvernement nous permet également maintenant de le rendre obligatoire pour le personnel, ce qui n’était pas le cas auparavant.

Francine Dupuis, présidente-directrice générale adjointe du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal

Joyce Shanks souligne qu’il est également primordial que les employés soient munis des masques N95. « Ils disent que ça coûte trop cher », déplore-t-elle.

« Quand on va voir qu’on n’aura plus de nouveaux cas et qu’il n’y a plus de transmission, on va recommencer à respirer », conclut Mme Shanks.

D’autres CHSLD durement touchés

La hausse du nombre d’infections chez les aînés ne s’essouffle pas. Le CHSLD du Manoir de l’Ouest de l’Île, à Montréal, recensait samedi 27 nouvelles contaminations. Le centre avait été épargné jusqu’à présent.

À Saint-Jean-sur-Richelieu, 23 résidants du CHSLD Gertrude-Lafrance ont aussi contracté la maladie. Une dizaine d’employés de l’établissement ont aussi été touchés. Deux décès y sont aussi survenus à l’heure actuelle, selon les données du gouvernement Legault, qui affirme que ce centre est « sous haute surveillance ».

Le bilan continue de s’alourdir

Le bilan dans la province s’élève maintenant à 141 038 cas et 7033 décès depuis le début de la pandémie. On a réalisé 24 450 prélèvements et établi 24 681 analyses le 27 novembre.

Le nombre d’hospitalisations a toutefois diminué, pour un total de 665 personnes hospitalisées à l’heure actuelle, soit 13 de moins que la veille. On compte désormais 92 personnes aux soins intensifs, une baisse de 1.

Les régions du Saguenay–Lac-Saint-Jean et de Montréal recensent chacune trois nouveaux décès. La région de Chaudière-Appalaches déplore deux nouveaux décès. Les régions du Bas-Saint-Laurent, de la Capitale-Nationale, de Lanaudière et de la Montérégie enregistrent chacune un nouveau décès. Les autres régions n’ont pas rapporté de nouveaux décès.

La situation continue de se dégrader dans l’île de Montréal, où l’on a rapporté 437 nouveaux cas. On a également dépassé le plateau des 100 nouveaux cas dans la Capitale-Nationale (167), en Montérégie (137), à Laval (120) et au Saguenay–Lac-Saint-Jean (104).

Les autorités ont recensé 95 cas supplémentaires dans Lanaudière, 86 en Estrie, 80 en Chaudière-Appalaches, 59 dans les Laurentides, 58 en Mauricie–Centre-du-Québec, 30 en Outaouais et 6 en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine.

Semaine plus fatale que toute la première vague au Saguenay

Avec ses 104 nouveaux cas, le Saguenay–Lac-Saint-Jean continue sur sa tendance à la baisse. La région demeure la plus touchée, avec 38 cas par 100 000 habitants. C’est un peu plus de deux fois la moyenne provinciale.

Avec trois nouveaux décès rapportés dimanche, le Saguenay–Lac-Saint-Jean a enregistré ainsi 30 morts depuis sept jours. En une semaine, la région a comptabilisé plus de décès que durant toute sa première vague (26).

– Avec Pierre-André Normandin, La Presse

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