(Québec) Québec doit « dérouler le tapis rouge » pour les retraités du réseau de la santé qui ont encore le feu sacré afin qu’ils viennent aider à combattre la pandémie, estime le Parti libéral du Québec (PLQ).

Caroline Plante
La Presse Canadienne

Ces retraités, s’ils bénéficient de conditions avantageuses, pourraient venir prêter main-forte particulièrement dans les CHSLD où la situation demeure extrêmement fragile, selon le parti.

Dans une lettre au ministre de la Santé Christian Dubé, obtenue par La Presse Canadienne, la porte-parole libérale pour les aînés, Monique Sauvé, propose d’offrir deux crédits d’impôt.

Le premier serait équivalent au revenu d’emploi du retraité reprenant du service, et le deuxième serait offert à ceux voulant faire un minimum de 200 heures de mentorat en CHSLD annuellement.

« Malgré vos appels répétés aux retraités du réseau de la santé, force est de constater que l’attrait n’y est pas », souligne Mme Sauvé dans sa lettre au ministre.

« Le déficit des ressources humaines se creuse, ajoute-t-elle. Il faut tenter de rendre plus attractive l’invitation de retour au travail. »

S’il veut réussir à aller chercher du personnel retraité, le gouvernement doit en outre, selon le PLQ, s’engager à :

•ne pas pénaliser la retraite du travailleur ;

•payer le permis de travail ou la cotisation du travailleur à un ordre professionnel ;

•affecter le travailleur à un seul CHSLD et ne le soumettre à aucun mouvement de personnel ;

•ne pas obliger le travailleur à faire des heures supplémentaires.

La personne retraitée de retour au travail devra également pouvoir déterminer le nombre d’heures qu’elle souhaite faire, selon Mme Sauvé, qui précise cibler les gens ayant quitté le réseau depuis un an à cinq ans.

Le PLQ ne sait pas précisément combien de postes de professionnels sont à pourvoir dans les établissements, mais calcule qu’attirer avec ces mesures 6000 retraités coûterait au Trésor 90 millions.

Uniquement à Laval, dans la circonscription de Mme Sauvé, ce sont une centaine d’infirmières et infirmières auxiliaires qui manquent à l’appel.

« Il est temps qu’on ne se contente pas de juste dire : "Venez, on a besoin de vous" », dit-elle en entrevue.

« Il faut faire 1, 2, 3 de plus pour rendre ça attirant malgré le contexte difficile, parce que si l’on n’y met pas du sien à dérouler le tapis rouge, on n’est pas en train d’être attirant et alléchant.

« Si on laisse aller, c’est sûr que [la pénurie] va s’aggraver », a-t-elle renchéri.

Monique Sauvé rappelle que 61 CHSLD présentent des cas actifs de la COVID-19, deux d’entre eux ayant plus de 25 % de leurs résidents qui sont des cas confirmés.

Huit CHSLD ont entre 15 % et 25 % de leurs résidents qui sont contaminés, et « ça continue d’augmenter ».

Il ne faut pas se « réjouir » de ces chiffres, prévient la députée de Fabre, qui réclame une réponse dans les plus brefs délais de la part du ministre Dubé.