(Québec) Le Parti québécois réclame que le gouvernement Legault publie rapidement dans les médias les détails du « contrat moral » qu’il propose aux Québécois en échange de rassemblements limités pendant les Fêtes.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

« Je veux ce contrat moral écrit et disponible pour l’ensemble des Québécois. Le gouvernement dispose de sommes considérables pour faire du placement média, alors je lui demande d’exposer, d’écrire ce contrat et le rendre disponible pour l’ensemble des Québécois au cours des prochaines heures sur toutes ses plateformes », a exigé jeudi le chef parlementaire du PQ, Pascal Bérubé.

Pour une nouvelle journée à l’Assembée nationale, Québec est vivement critiqué sur la confusion qui entoure son plan pour encadrer les célébrations de Noël en temps de pandémie. M. Bérubé estime que le directeur national de santé publique, le DHoracio Arruda, est même « dépassé par l’agenda du gouvernement ».

« Le DArruda, tu sais, j’ai envie de lui dire des fois : "si ce n’est pas votre décision, clignez des yeux trois fois, tu sais, je veux dire, envoyez-nous un signal de détresse" », a-t-il dit avec une pointe d’ironie, alors que le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon doutait mercredi que la santé publique ait réellement approuvé le plan annoncé la semaine dernière par Québec.

Un isolement ou à deux mètres ?

François Legault fera un point de presse jeudi à 13 h pour clarifier les intentions du gouvernement concernant les rassemblements prévus entre le 24 et le 27 décembre.

« Pour être capable de se voir à Noël, on a mis des conditions. Entre autres, une des conditions, c’est de ne pas avoir de contact, donc de ne pas avoir été à deux mètres d’autres personnes pendant la semaine qui précède Noël », a dit le premier ministre lors de la période de questions.

Cette précision diffère toutefois de ce que le ministre délégué à la Santé Lionel Carmant a affirmé mercredi lors de la période de questions où le premier ministre était absent.

« La partie qui est importante dans le plan gouvernemental que le premier ministre a énoncé, c’est vraiment ce sept jours de confinement avant et après. C’est comme ça qu’on va s’assurer de limiter les infections pendant les quatre jours où il va y avoir des célébrations », avait-il dit.

La cheffe du Parti libéral, Dominique Anglade, déplore pour sa part que le « contrat moral » demandé à la population n’ait pas de contrepartie gouvernementale.

« C’est un contrat où on dit aux Québécois : "bien, si les mesures sanitaires sont respectées, si les chiffres baissent, on va pouvoir aller de l’avant." Mais, dans le fond, la contrepartie gouvernementale n’est pas au rendez-vous », a-t-elle affirmé.

« Trouvez-vous des moyens pour faire en sorte que vous allez être capables de respecter ce contrat-là, élargissez les tests, faisons des tests rapides, élargissons le dépistage des personnes asymptomatiques, trouvons des mécanismes, clarifions les règles, trouvons des mécanismes qui vont faire en sorte que ce contrat pourra être respecté », a ajouté Mme Anglade.