Jour de magasinage effréné reconnu pour ses soldes alléchants et ses débordements, le « Boxing Day » de 2020 pourrait être bien différent des précédents.

Jocelyne Richer
La Presse Canadienne

Vu la promiscuité forcée qu’il implique, le gouvernement Legault croit nécessaire en ces temps de pandémie d’encadrer ce jour de magasinage intense, de manière à limiter le nombre de clients admis en même temps dans les magasins.

Des policiers pourraient être appelés en renfort pour s’assurer que les consignes seront suivies : deux mètres de distance entre les clients et port du masque obligatoire.

C’est ce qu’a indiqué jeudi le premier ministre François Legault, en conférence de presse, révélant avoir ces jours-ci des discussions avec les directions des centres commerciaux et des chaînes de grands magasins, de même qu’avec les corps policiers, en vue d’éviter les excès en tous genres anticipés le 26 décembre dans les établissements commerciaux.

Surtout, on voudra éviter que les grands magasins deviennent un foyer d’éclosion de la COVID-19 le lendemain de Noël.

« J’ai certaines inquiétudes » à ce propos, a dit M. Legault, s’engageant à édicter « des règles très claires » pour le « Boxing Day », jour de magasinage propice à échanger les cadeaux reçus à Noël, tout en profitant des soldes, notamment dans le rayon des appareils électroniques.

Le tour de force sera de faire en sorte que la consigne de deux mètres de distance sera toujours respectée dans les rayons des magasins, malgré les affluences records enregistrées habituellement à l’occasion du « Boxing Day ».

« On va peut-être ajouter des mesures pour s’assurer qu’une capacité maximale, une limite maximale sur le nombre de personnes dans un magasin, et qu’il y ait des policiers qui s’assurent que ces directives-là soient suivies », a commenté le premier ministre.

Il n’est cependant pas question, « pour l’instant », de fermer les centres commerciaux durant le temps des Fêtes, a observé le premier ministre.

Ce dernier a aussi tenté jeudi de dissiper la confusion régnant depuis plusieurs jours à propos des règles sanitaires à observer durant le temps des Fêtes. Il a précisé que les Québécois devraient se contenter de deux rassemblements répartis sur quatre jours, entre le 24 et le 27 décembre, avec un maximum de 10 personnes.

La semaine dernière, bien des gens avaient compris qu’il était permis de festoyer pendant quatre jours, puisque les rassemblements étaient autorisés entre le 24 et le 27 décembre.

Il a soutenu que les dates annoncées demeuraient conditionnelles à l’évolution de la situation, au moment où le virus de la COVID-19 ne montre pas de signe d’essoufflement.

« Je fais confiance aux Québécois », a-t-il répondu, quand on lui a posé une question sur le sort réservé aux contrevenants qui auraient le goût de fêter trop souvent durant cette période de réjouissances. Il n’a pas exclu qu’ils s’exposeraient à recevoir des amendes. « Quand les gens ne suivent pas les règles, il peut y avoir des conséquences », a-t-il dit.

Le premier ministre a indiqué qu’en ce domaine on parlait d’évaluer le risque, que tout n’était pas « noir ou blanc », laissant entendre que les dates annoncées pour des rassemblements pourraient encore changer. « On aura une décision à prendre », a-t-il dit, sans vouloir préciser d’échéance.

Il a estimé que le nombre d’hospitalisations reliées au virus était actuellement « sous contrôle », mais que l’augmentation observée du nombre de cas d’infections pourrait engorger les hôpitaux « dans quelques semaines », entraînant des décisions différentes.

Au moment où tout indique qu’un vaccin sera accessible avant longtemps, le premier ministre semble s’impatienter, dans l’attente de réponses d’Ottawa. Il a dit vouloir savoir le plus tôt possible quand le Québec recevra ses doses de vaccin et combien il en recevra par semaine, pour mieux planifier la logistique nécessaire.

Par ailleurs, François Legault a précisé avoir désigné les responsables à l'opération de vaccination qui devrait débuter en janvier. Le « général » en sera Jérôme Gagnon, un haut fonctionnaire, tandis que le DRichard Massé, de la Santé publique, l'assistera. Le ministre de la Santé, Christian Dubé, sera responsable quant à lui de superviser le tout.

32 décès, 1464 nouveaux cas

La pandémie de COVID-19 a connu un sursaut jeudi au Québec alors que 1464 nouveaux cas confirmés ont été rapportés. De plus, 32 décès supplémentaires se sont ajoutés au bilan tandis que le nombre d’hospitalisations continue à augmenter.

Le nombre de cas est en forte hausse par rapport aux derniers jours, soit 25% par rapport à la moyenne observée depuis une semaine. Le nombre total de cas confirmés depuis le début de la pandémie s’établit désormais ainsi à 136 894 cas.

Les 32 décès supplémentaires portent quant à eux à 6947 le bilan en vies humaines.

«On note une [hausse] des cas et des [hospitalisations] partout au [Québec]. Cette [hausse] montre que la bataille est loin d’être gagnée et que le virus est [toujours] présent. On doit continuer de respecter les mesures et limiter nos contacts si on veut freiner la propagation du virus», a commenté le ministre de la Santé, Christian Dubé.

Des décès ont en effet été enregistrés dans pas moins de 12 régions. C’est au Saguenay-Lac-Saint-Jean où l’on en déplore le plus, soit six, suivi de près par la Montérégie, avec cinq. La Capitale-Nationale, l’Estrie et Montréal rapportent chacune trois décès. L’Outaouais, Chaudière-Appalaches, Laval, Lanaudière et les Laurentides rapportent tous deux morts. Enfin, la Mauricie-Centre-du-Québec et la Gaspésie en comptent un.

Plusieurs régions en hausse

Avec 211 nouveaux cas, les cas sont en forte hausse au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Cela représente pas moins de 76 cas par 100 000 habitants, soit plus de quatre fois la moyenne provinciale.

Sans établir de record, la métropole et la capitale aussi affichent des augmentations. Montréal enregistre 336 nouveaux cas et Québec, 139.

Hors de ces secteurs, l’Estrie a connu un important bond avec 116 nouveaux cas jeudi. C’est un nouveau record pour la région. Laval, les Laurentides et la Montérégie affichent aussi une augmentation des nouveaux cas.

Les hospitalisations poursuivent leur tendance à la hausse. On compte présentement 675 personnes hospitalisées, soit 20 de plus que la veille. Le nombre de personnes aux soins intensifs a toutefois légèrement reculé pour s’établir à 90, soit trois de moins que la veille.

Le nombre de tests est en hausse par rapport aux derniers jours. On rapporte jeudi 33 023 analyses, pour un total de 3,8 millions depuis le début de la pandémie.

- Avec Pierre-André Normandin, La Presse

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