(Québec) Les partis d’opposition accusent le gouvernement Legault de créer de la « confusion » en modifiant au jour le jour les consignes qui encadreront les rassemblements qui pourraient être permis au Québec pendant la période des Fêtes.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

« Nous, comme députés, comme parti d’opposition, on est ici, à l’Assemblée nationale tous les jours et on a de la misère à suivre ce que dit le gouvernement. Imaginez la population. J’invite le gouvernement à faire un examen lucide de ses communications. Le gouvernement doit impérativement envoyer des directives claires à l’ensemble des Québécois », a affirmé mardi la cheffe du Parti libéral, Dominique Anglade.

Face à un barrage de questions des députés libéraux lors de la période de questions, le ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant, a répliqué mercredi que les consignes étaient établies par la direction de santé publique et qu’elles étaient « non négociables ».

« Ce que la Santé publique nous a accordé, ce n’est pas négociable parce que ça pourrait être dangereux pour la population. Déjà, en janvier, nos hôpitaux sont dans des états critiques en général. On ne peut pas se mettre d’augmenter le nombre d’admissions pendant la période des Fêtes », a dit M. Carmant.

Le ministre répondait alors à une question qui lui était posée concernant les travailleurs essentiels, dont ceux qui sont au front de la pandémie dans les hôpitaux, et qui devront travailler ou rester à la maison plutôt que de participer à un rassemblement à Noël, puisqu’ils ne peuvent pas s’isoler les jours précédents.

« La partie qui est importante dans le plan gouvernemental que le premier ministre a annoncé, c’est vraiment ces sept jours de confinement avant et après [les rassemblements]. C’est comme ça qu’on va s’assurer de limiter les infections », a affirmé M. Carmant.

« Le strict minimum »

Mais pour Gabriel Nadeau-Dubois de Québec solidaire, le gouvernement Legault doit tout de même trouver une alternative pour donner un répit aux travailleurs de la santé.

« Ces femmes et ces hommes-là, là, ils en ont fait plus que moi, que vous, que le premier ministre, le ministre de la Santé mis ensemble, pendant des mois pour lutter contre la pandémie. S’il y a bien des Québécois et des Québécoises qui méritent d’avoir le droit de se rassembler pour Noël avec leurs familles, leurs proches, pour sauver leur santé mentale, là, c’est bien ces gens-là », a dénoncé en matinée le leader solidaire.

« Il faut que le gouvernement, d’ici le 17 décembre, corrige le tir et trouve, avec les travailleurs, travailleuses, un aménagement pour leur permettre d’avoir au moins une de leurs journées de congé pendant la fenêtre des quatre jours de festivités. C’est le strict minimum », a ajouté M. Nadeau-Dubois.

Ces derniers jours, le premier ministre François Legault – qui s’absente du Salon bleu les mercredis depuis quelques semaines – a précisé les règles qui entourent le « contrat moral » qu’il propose aux Québécois, afin de permettre des rassemblements restreints entre le 24 et le 27 décembre. Le gouvernement somme entre autres les Québécois à se limiter à deux rassemblements, où se rassembleraient un maximum de 10 personnes, en plus d’observer une période d’isolement volontaire les jours précédents et suivants ces rassemblements.

Le PQ interpelle la Santé publique

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Paul St-Pierre Plamondon

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, croit pour sa part que les consignes encadrant les rassemblements des Fêtes émanent d’un choix politique plutôt que des recommandations de la santé publique.

« Jamais la Santé publique n’aurait accepté de faire un plan plus d’un mois à l’avance, parce qu’on sait que les données médicales, les données de propagation du virus changent », a-t-il affirmé, mardi, alors que le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, était présent lorsque le gouvernement a procédé à son annonce, la semaine dernière.

« Comment expliquez-vous que, plus d’un mois à l’avance, on prend une position ferme sur comment gérer Noël, alors qu’on n’a pas les données sur les infections au Québec qui vont avoir cours durant les Fêtes ? Comment expliquer qu’on n’a pas pensé à planifier le sort des travailleurs qui travaillent jusqu’à la veille de Noël, le sort des étudiants qui ont des examens pendant la période de retrait, le sort du Boxing Day ? Comment expliquer qu’il y aurait un tel niveau d’absence de planification si ce n’est qu’il y a une part de pression politique pour rapidement donner des réponses à la population puis bien paraître sur le plan politique ? », a ajouté M. St-Pierre Plamondon.