À Laval, toutes les résidences pour personnes âgées, des CHSLD aux résidences privées, sont désormais suivies de beaucoup plus près en raison de la pandémie. Des tests de salive de COVID-19 sont administrés chaque semaine à 58 % des employés de CHSLD publics, et la tactique est graduellement étendue à tous les établissements.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Le Ministère nous a demandé il y a de nombreux mois de faire des tests réguliers auprès des employés de lieux de vie pour personnes âgées où il y a des soins », explique Olivier Haeck, microbiologiste au CISSS de Laval, qui chapeaute le projet. « Mais dans les résidences pour aînés, souvent il n’y a que des préposés, qui ne font pas partie des titres d’emplois qui peuvent faire des prélèvements avec des écouvillons. Alors, il faut envoyer des gens sur place. Et souvent, les gens qui ont eu un test avec écouvillon n’en veulent plus. Avant d’utiliser la salive, on avait seulement 13 % des employés avec des tests hebdomadaires. »

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

Marco Bergevin, microbiologiste de Laval
 qui a mis au point un test de salive COVID-19

En travaillant d’arrache-pied l’été dernier, un autre microbiologiste du CISSS de Laval, Marco Bergevin, a réussi à prouver que les tests de salive sont aussi précis que les tests avec des écouvillons naso-pharyngés pour la détection de la COVID-19. Le test de salive consiste seulement à cracher dans une éprouvette.

Chaque semaine, 2500 soignants sont testés par salive de manière routinière à Laval, dans les établissements pour aînés et dans certaines unités hospitalières vulnérables à la pandémie.

On veut maintenant augmenter le transport des établissements aux laboratoires, pour faire deux, trois tests par semaine.

Maude St-Jean, microbiologiste et pédiatre au CISSS de Laval

Outre les CHSLD publics et privés, les ressources intermédiaires et les résidences pour aînés sont visées.

Dès qu’un employé a un résultat positif, tous les patients et les employés avec qui il a été en contact sont retracés et testés trois fois par semaine, voire une fois par jour en centre hospitalier, dans les unités de dialyse par exemple.

D’autres régions font aussi des tests de salive plutôt qu’avec des écouvillons, mais aucune n’est aussi avancée que Laval, selon le DBergevin. « On craint même qu’on puisse être submergés de gens qui viennent d’autres régions. »

La microbiologiste et pédiatre au CISSS de Laval Maude St-Jean est moins inquiète parce qu’avec l’hiver, les tests sont maintenant de plus en plus faits avec un rendez-vous, ce qui permet de limiter les services locaux aux résidants de Laval.

Écoles

La prochaine étape est le test salivaire dans les écoles. L’une des avenues envisagées, qui pourrait faire l’objet d’un projet-pilote, est de viser les classes qui sont fermées parce qu’un élève a un test positif de COVID-19.

« L’enseignante pourrait mettre dans le sac d’école de chaque enfant un test de salive, que les parents pourraient ensuite aller porter aux centres de tests dans un dépôt avec un accès prioritaire, dit la Dre St-Jean. Ça éviterait aux parents de faire la file pour un test. Souvent, ils arrivent avec toute leur famille, et on teste tout le monde. Mais la directive est de ne tester que l’élève qui a été en contact avec un autre élève ayant un test positif, pas toute sa famille. Non seulement ça serait plus pratique pour les parents, mais ça diminuerait le nombre de tests moins prioritaires qu’on doit faire. »