(Toronto) Le Canada s’attire des éloges pour ses efforts de lutte contre la COVID-19 tant au pays qu’à l’étranger, ainsi que pour son engagement en faveur de la santé publique, a déclaré mardi le directeur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Colin Perkel
La Presse Canadienne

Dans un discours prononcé devant l’Empire Club à Toronto, le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus a cité notamment la contribution de 440 millions d’Ottawa à l’initiative de l’OMS pour lutter contre la pandémie.

« Cette pandémie nous a rappelé l’importance du multilatéralisme, ce que les Canadiens ont toujours adopté », a déclaré le docteur Tedros. « Le Canada a pris au sérieux cette pandémie et a adopté une approche que de nombreux autres pays considèrent comme exemplaire. »

M. Tedros a par ailleurs mis en garde contre les défis qui frappent à nos portes, soulignant la récente hausse marquée des nouveaux cas et des décès au Canada et ailleurs dans le monde. À ce jour, la COVID-19 a infecté plus de 54 millions de personnes sur la planète et fait 1,3 million de morts. La semaine dernière seulement, un record de quatre millions de nouveaux cas et 60 000 décès ont été signalés à l’organisme des Nations unies.

« Nous en avons peut-être assez de la COVID-19, mais elle n’en a pas assez de nous », a dit M. Tedros. « Le virus n’a ni idéologie ni croyance : son seul objectif est de se propager. »

Les vaccins

Des pays et des scientifiques du monde entier travaillent sans relâche pour mettre au point de nouveaux diagnostics et traitements. De plus, la course pour trouver un vaccin a produit des résultats prometteurs.

Le docteur Tedros a souligné que plus de 4 milliards sont encore nécessaires de toute urgence pour maintenir l’effort international dans son élan. Il a également rappelé que la distribution mondiale d’un éventuel vaccin sera l’un des efforts logistiques les plus redoutables que le monde ait connus depuis la Seconde Guerre mondiale.

Le principal problème, a-t-il dit, sera de garantir la distribution équitable d’approvisionnements limités. « La meilleure façon d’y parvenir est de vacciner certaines personnes (à risque) dans tous les pays plutôt que toutes les personnes dans certains pays », a-t-il soutenu.

Dans le même temps, le docteur Tedros a averti qu’un vaccin en soi ne serait pas une panacée. Les mesures de santé publique, telles que la distanciation sociale et l’évitement des espaces intérieurs mal ventilés, devront se poursuivre.

De plus, un vaccin efficace — environ 200 sont en cours d’élaboration — ne résoudra pas les problèmes fondamentaux d’inégalité, à la fois à l’intérieur des pays et entre eux, a-t-il souligné. « Il n’y a pas de vaccin contre la pauvreté, la faim, les inégalités ou le changement climatique. »

Dans des commentaires séparés, la docteure Kate O’Brien, de l’OMS, a estimé que les travailleurs de la santé doivent être les premiers à recevoir un vaccin lorsqu’il sera disponible, puisqu’ils sont à haut risque de contracter la COVID-19, tout en étant essentiels pour s’occuper des malades.

« Nous ne voulons pas simplement passer d’une crise à une autre », a affirmé la médecin canadienne, directrice du département de l’immunisation, des vaccins et des produits biologiques de l’OMS.

La docteure O’Brien a exhorté les citoyens à obtenir leurs informations auprès de sources crédibles et à éviter le flot de désinformation sur les réseaux sociaux. Il est par contre important de répondre aux questions d’innocuité des éventuels vaccins, a-t-elle dit, en particulier compte tenu de la vitesse fulgurante avec laquelle les scientifiques les développent actuellement.