(Ottawa) Deux mois après que la ville d’Ottawa eut peiné à augmenter ses options de tests pour la COVID-19 pour répondre à une hausse considérable de la demande, elle s’apprête maintenant à réduire les heures d’ouverture en fin de semaine, car les gens se présentent en moins grand nombre.

Mia Rabson
La Presse Canadienne

Il s’agit d’un reflet de la situation un peu partout au pays, avec un recul de plus de 25 % de la moyenne quotidienne de tests comparativement à un mois auparavant, même s’il y a croissance du nombre de cas.

Le 15 octobre, l’Agence de la santé publique du Canada a signalé une moyenne de 77 000 tests chaque jour dans la semaine précédente, un sommet depuis le début de la pandémie. Ce nombre a chuté à une moyenne de 61 000 il y a une semaine, et à moins de 55 000 cette semaine.

À la mi-octobre, le Canada comptait environ 2300 nouveaux cas de COVID-19 recensés chaque jour. Cette semaine, ce nombre a grimpé à plus de 4000.

L’Ontario, qui a enregistré jeudi un cinquième sommet de nouveaux cas en six jours, avait établi un objectif de 68 000 tests chaque jour pour la mi-novembre. En réalité, il y a eu moins de 40 000 tests quotidiens durant ces six jours, et à deux reprises, le nombre a été inférieur à 30 000.

La province a compté une moyenne de 38 273 tests par jour en octobre, et ce mois-ci jusqu’à maintenant, la moyenne a été de 33 870.

Dans plusieurs provinces, le nombre de tests a varié considérablement d’une période à l’autre. Au Québec, il y a eu 30 919 tests réalisés le 5 novembre. Trois jours plus tard, ce nombre avait glissé à moins de 19 000. Le 10 novembre, le nombre de tests avait remonté à plus de 30 000.

Le nombre quotidien de tests en Colombie-Britannique a varié de moins de 5000 à plus de 12 000 ce mois-ci.

Par communiqué, l’Agence de la santé publique du Canada a affirmé que le gouvernement fédéral travaillait avec les provinces pour augmenter la capacité de tests, tout en disant que l’attention devrait être mise sur l’utilisation de ces tests plutôt que leur quantité.

Il faut faire un dépistage « intelligent » et tester les bonnes personnes au bon moment, selon les responsables.

Le Dr Howard Njoo, administrateur en chef adjoint de la santé publique du Canada, a affirmé il y a une semaine que la plupart des provinces avaient modifié leurs critères cet automne pour s’attarder surtout aux personnes présentant des symptômes, aux endroits présentant de grands risques de propagation comme les hôpitaux et les foyers de soins de longue durée, et aux gens ayant été exposés à une personne déclarée positive à la COVID-19.

« Je crois que les gens réalisent maintenant que la meilleure approche pourrait ou devrait être plus ciblée, qu’il pourrait ne pas s’agir de la meilleure utilisation des ressources et que cela pourrait en quelque sorte ralentir le dépistage pour ceux qui en ont vraiment besoin », a-t-il affirmé le 6 novembre.

À Ottawa, le groupe de travail sur le dépistage, qui priait les gens en septembre de ne pas se faire tester s’ils ne présentaient pas de symptômes, a commencé la semaine dernière à exhorter les gens à aller passer un test. En fin de semaine, les heures d’ouverture dans un centre principal de dépistage sont réduites de 11 à 8 puisque bon nombre de personnes ne se présentaient pas à leur rendez-vous.

L’administratrice en chef de la santé publique à Ottawa, la Dre Vera Etches, a dit vouloir signifier qu’il est toujours plus responsable de se faire tester si l’on présente des symptômes, même légers, car « nous nous devons de détecter le plus possible la COVID-19 ».

« Pourquoi les gens se présentent ? Pourquoi ne le font-ils pas ? Vous savez, ce sont des aspects qui valent certainement d’être explorés. »