Québec procède à l’embauche d’un « coach de communications » pour soutenir le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, dans ses interventions médiatiques. Le mandat sera d’une durée d’environ trois mois, pour une valeur maximale de 60 000 $.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

« Puisque le DArruda est le visage de la Santé publique pendant la crise, un accompagnement stratégique en communication est jugé nécessaire », indique Marie-Hélène Émond, porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), qui gère le contrat en question.

La nouvelle, d’abord rapportée par le 98,5 FM mercredi, tombe alors que le Dr Arruda – qui est régulièrement aux côtés du premier ministre François Legault et du ministre de la Santé Christian Dubé lors de points de presse sur la COVID-19 – aurait été critiqué pour ses longues réponses qui suscitent parfois la confusion.

Eric Gamache, un ancien conseiller du Parti québécois qui a été directeur de cabinet sous le gouvernement de Pauline Marois, relèvera ce défi. Habitué de ce genre de tâches avec des élus, notamment, M. Gamache est actuellement vice-président de l’agence TACT Conseil.

Son mandat consistera « à appuyer le DArruda dans la livraison adéquate des messages de santé publique », indique le MSSS. « Cela inclut des dry-run (en français, tests à blanc) avant les apparitions publiques, le débriefing après les interventions médiatiques, et les conseils stratégiques sur demande », précise Mme Émond à ce sujet.

Pas une première

Rappelons que ce n’est pas la première fois que le Dr Arruda bénéficie de conseils stratégiques en communications. Ce printemps, l’ex-directrice des communications du Bloc québécois et ancienne directrice du cabinet de Jean-François Lisée, France Amyot, avait également conseillé le directeur national de santé publique. Durant l’été, cet accompagnement avait toutefois été interrompu, n’étant plus « considéré requis » par le ministère, en raison de l’espacement des points de presse, notamment.

Avec l’arrivée de la deuxième vague et les nouveaux enjeux de communication inhérents à celle-ci, il a été décidé que l’accompagnement serait repris, d’autant plus que les messages livrés par la Santé publique doivent être clairs et bien compris.

Marie-Hélène Émond, porte-parole du MSSS

En mêlée de presse, mercredi matin, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a dit saluer l’arrivée d’Eric Gamache. « La communication est très importante. C’est toujours important, mais encore plus en cas de pandémie. C’est le nerf de la guerre », a réagi celle qui est aussi vice-première ministre.

L’élue affirme que le gouvernement se doit de « communiquer massivement et clairement, pour que les Québécois puissent bien comprendre la situation et se conformer aux règles ». « Je pense que c’est tout à fait normal d’embaucher des gens pour aider dans les communications », a-t-elle ajouté.

-Avec Tommy Chouinard