Le PDG du CISSS de Lanaudière, Daniel Castonguay, assure que ses CHSLD étaient bien préparés pour faire face à la deuxième vague de COVID-19. Mais une importante éclosion qui est « allée partout » est néanmoins survenue au CHSLD Saint-Eusèbe et a infecté 80 résidants et 55 employés ces derniers jours.

Ariane Lacoursière
Ariane Lacoursière La Presse

M. Castonguay a fait le point, lundi, sur l’éclosion qui touche le CHSLD Saint-Eusèbe à Joliette. Jusqu’à maintenant, sept personnes y sont mortes et le bilan sera à la hausse mardi, a annoncé M. Castonguay.

Le PDG assure que le CHSLD était bien préparé. « On a mis en place au niveau de l’ensemble des chefs de milieux de vie des ‘‘check-lists" qu’ils ont tous les jours à compléter pour s’assurer qu’on a mis en place toutes les mesures. On a des audits. […] Les écarts qu’on constate dans nos audits, on envoie des demandes de corrections. Dans Saint-Eusèbe, il y en avait des audits qui avaient été faits. Il y avait des écarts à corriger qui étaient en train d’être corrigés. […] Maintenant, force est de constater qu’il aurait fallu faire encore plus de gestes, puisque c’est arrivé », dit-il.

M. Castonguay explique que deux employés du CHSLD Saint-Eusèbe ont reçu un diagnostic positif à la COVID-19 le 28 octobre. Le virus s’est ensuite transmis rapidement sur tous les étages. « Les employés se sont contaminés entre eux sur les aires de repos, dit-il. […] Le travail devient comme une famille. On élimine les barrières en pensant qu’il n’y a pas de danger. C’est une vulnérabilité que l’on voit. On a beaucoup de renforcement à faire de ce côté-là. »

Stéphane Cormier, président du syndicat interprofessionnel de la santé de Lanaudière, estime pour sa part que l’éclosion a pu arriver de « n’importe quel côté ».

On a fait quoi depuis la première vague ? Pourquoi on n’a pas réglé le problème des heures de dîner avant ?

Stéphane Cormier, président du syndicat interprofessionnel de la santé de Lanaudière

M. Cormier dénonce depuis un an la mauvaise ventilation du CHSLD Saint-Eusèbe. Il croit que ce facteur a pu contribuer à la deuxième vague. M. Castonguay a indiqué que des analyses de la qualité de l’air sont en cours au CHSLD Saint-Eusèbe.

M. Cormier ajoute qu’au moins une employée infectée a été appelée à revenir au travail après sept jours au CHSLD Saint-Eusèbe, soit avant la fin de sa quarantaine de dix jours. Une situation qu’a reconnue M. Castonguay. « Malheureusement, notre équipe PCI [équipe de prévention et contrôle des infections] […] a malheureusement échappé la notion que c’était dix jours et a accepté le retour de la personne avec toutes les conditions pour protéger la clientèle. »

En tout, 100 infirmières et 50 préposés aux bénéficiaires sont actuellement délestés au CISSS de Lanaudière pour aider à gérer les éclosions de COVID-19.

En plus du CHSLD Saint-Eusèbe, trois résidences privées pour aînés de Joliette sont particulièrement touchées par la COVID-19 : la résidence Louis-Joliet (25 cas), la résidence Lachance (37 cas) et la résidence Arthur B (33 cas).

Le nord de Lanaudière fortement touché

Le nombre de nouveaux cas de COVID-19 ne cesse d’augmenter dans la MRC de Joliette. En plus d’être aux prises avec cinq importantes éclosions dans des milieux d’hébergement pour aînés, Joliette doit aussi composer avec une transmission communautaire soutenue.

« On trouve des cas partout », résume le directeur régional de santé publique de Lanaudière, le DRichard Lessard.

Alors que Lanaudière comptait en moyenne 65 nouveaux cas de COVID-19 par jour au début de septembre, la région en a enregistré 959 du 1er au 7 novembre. La progression des cas a été « remarquable surtout à Joliette », note le DLessard.

Il y a actuellement 454 cas actifs de COVID-19 à Joliette, soit « beaucoup plus que dans le reste de Lanaudière », dit le DLessard.

La semaine dernière, 29 % des nouveaux cas de COVID-19 dans Lanaudière étaient liés à des éclosions, notamment en milieux de soins. Mais aujourd’hui, 17 % seulement des nouveaux cas sont liés à des éclosions. « Ça veut dire qu’il y a beaucoup de transmission communautaire », constate le DLessard.

Avec 29 écoles en éclosion, la situation de ce côté est « moins pire » que lors des dernières semaines, selon le DLessard. Ce dernier déplore le relâchement des citoyens par rapport aux consignes sanitaires. « Les gens en ont assez des mesures. Ils en ont assez de la COVID. Mais en même temps, ils ne prennent pas les mesures pour se protéger », a dit le DLessard.