(Ottawa) Justin Trudeau a signalé vendredi que certains des vaccins potentiels contre la COVID-19 qui sont attendus dans la prochaine année poseraient d’importants problèmes logistiques.

La Presse Canadienne

Le premier ministre dit espérer qu’un vaccin viable sera disponible pour les Canadiens dès le printemps, mais il note que les doses initiales pourraient nécessiter une manipulation particulière qui compliquerait les efforts de distribution.

« Il y en a, parmi les premiers vaccins qui vont arriver, qui exigent par exemple qu’ils soient réfrigérés à-80 degrés Celsius », a illustré M. Trudeau, en soulignant que cela ne se prête pas à une distribution de masse dans les pharmacies à travers le pays.

« Ça va exiger une manutention, une chaîne d’approvisionnement et une logistique particulières, et nous allons travailler avec les provinces sur leur capacité […] tout en regardant quelles seront les populations que nous devons vacciner en priorité », a-t-il enchaîné.

Plus tôt cette semaine, l’Agence de la santé publique du Canada a dévoilé ses orientations préliminaires sur les groupes qui auront préséance, d’après les recommandations du Comité consultatif national de l’immunisation.

M. Trudeau soutient que les personnes plus vulnérables, comme les peuples autochtones et les travailleurs de la santé de première ligne, font partie du lot.

Ces commentaires du premier ministre interviennent alors que le bilan canadien s’élève désormais à plus de 253 000 infections du coronavirus, avec des hausses quotidiennes particulièrement alarmantes partout au pays.

La médecin hygiéniste en chef de l’Alberta, la docteure Deena Hinshaw, a annoncé un sommet de 800 nouveaux cas jeudi et laissé entendre que de nouvelles restrictions sanitaires étaient en voie d’être imposées.

L’agence Alberta Health Sciences se dit dépassée sur le plan de la recherche de contacts. À compter de vendredi, les Albertains ayant contracté le virus doivent eux-mêmes en informer les personnes qu’ils ont côtoyées, à l’exception des mineurs, des travailleurs de la santé et des personnes qui résident ou travaillent dans des espaces communs.

Du côté du Manitoba, les autorités sanitaires ont resserré les consignes dans la région Santé Sud, après avoir fait de même à Winnipeg. Les restaurants et bars devront fermer leurs portes, sauf pour les commandes à emporter et la livraison. La taille maximale des services religieux et autres rassemblements sera aussi revue à la baisse.

Pas moins de 9,1 % des tests de dépistage s’avèrent positifs au Manitoba, où l’on a rapporté 242 nouveaux cas et cinq autres décès vendredi.

Le Québec a pour sa part enregistré 1133 nouveaux cas et 25 décès supplémentaires, vendredi, et l’Ontario, 1003 nouveaux cas et 14 autres décès liés au virus.

Un premier cas de COVID-19 a été confirmé au Nunavut, dans la petite communauté de Sanikiluaq, située dans la baie d’Hudson, qui compte une population d’environ 850 personnes.

« La situation est sérieuse, a martelé Justin Trudeau. Ce n’est pas le temps de baisser notre garde. »

Le premier ministre a invité les Canadiens à penser à leurs proches : il dit notamment garder en tête son oncle et parrain Tom Walker, qui a dû être réadmis à l’hôpital la veille.

« Dans quelques semaines, l’hiver va arriver. Nous allons devoir être plus à l’intérieur, dans des endroits moins bien ventilés où on ne peut pas ouvrir les fenêtres. Nous allons devoir faire vraiment attention, faire tout ce qu’on peut maintenant pour empêcher les éclosions et entrer en hiver dans une meilleure posture. »