(Ottawa) Les autorités fédérales de santé publique changent leurs directives sur les masques non médicaux qui devront, dorénavant, avoir trois épaisseurs. Elles recommandent également de toujours se couvrir le visage à l’intérieur, sauf dans sa propre maison.

Lina Dib
La Presse Canadienne

« Un masque ou un couvre-visage devrait être fait d’au moins trois couches : deux couches de tissu serré, comme du coton ou du lin, et une troisième couche (centrale) en tissu filtrant, comme un tissu de polypropylène non tissé », peut-on lire dorénavant sur le site de l’agence.

« Les filtres ajoutent une épaisseur supplémentaire de protection contre la COVID-19 en bloquant de plus petites particules infectieuses », y précise-t-on.

Puis, on recommande d’utiliser ce tissu filtrant comme troisième couche ou d’insérer un filtre jetable entre les deux couches d’un masque.

L’administratrice en chef de l’agence, Theresa Tam, a annoncé ce changement de directive en conférence de presse, mardi. Dre Tam a justifié le changement par l’évolution des études scientifiques sur le nouveau coronavirus.

« Je dois dire que la science des masques a sérieusement accéléré pendant cette pandémie. Alors, nous apprenons au fur et à mesure », s’est justifiée Dre Tam.

Pourtant, l’Organisation mondiale de la santé recommande depuis le mois de juin un masque à trois épaisseurs.

« Nous en apprenons davantage sur les tailles des gouttelettes et plus vous avez d’épaisseurs, plus de gouttelettes seront filtrées… C’est pour ça que je pense qu’il est temps que nous fassions évoluer notre recommandation », a argué Dre Tam.

À Québec, Horacio Arruda endosse la recommandation de son homologue fédérale pour le masque à trois épaisseurs.

« On a fait effectuer des travaux […] avec l’IRSST (Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail) qui va nous revenir avec certains standards de couvre-visage qui pourraient des fois atteindre quasiment le masque médical », a indiqué Dr Arruda.

« On est en train de travailler ça avec l’IRSST notamment aussi pour fournir aux entreprises certains standards », a-t-il précisé. Le but : produire des masques qui seraient approuvés par le Bureau de normalisation du Québec.

Au Canada, la grande majorité des couvre-visages faits maison comme ceux en commerce ont seulement deux épaisseurs.

Et le masque en tout temps

« Je pense que c’est une bonne idée aussi d’avoir le port de masque à l’intérieur, à toutes les occasions, sauf si (vous êtes) chez vous, (dans) votre résidence, avec les membres de votre ménage », a offert Howard Njoo, l’adjoint de Dre Tam, lors de leur point de presse mardi.

« Quand vous êtes à l’intérieur, oubliez le deux mètres, simplement portez le masque quand vous n’êtes pas avec les gens de votre ménage », a renchéri Dre Tam.

« Ceci aidera à prévenir (l’infection par) gouttelettes et/ou aérosols plus que si vous vous contentez de compter sur la distance de deux mètres », a-t-elle ajouté.

Quelques minutes plus tard, la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, donnait un point de presse à l’intérieur de l’édifice parlementaire, après avoir ôté son masque en arrivant derrière le lutrin.

« Si les recommandations évoluent, nos comportements évolueront en conséquence », a dit la ministre lorsqu’elle a été mise au courant des dernières directives des Drs Tam et Njoo.