C’est au tour de l’urgence de l’Hôpital Santa Cabrini Ospedale de faire face à une éclosion de coronavirus, dans l’est de Montréal. Au moins quatre employés ont été retirés du travail après avoir reçu un diagnostic positif de la COVID-19, une première pour cet établissement depuis le début de la crise.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

« Nous prenons la situation très au sérieux. Nous avons été en mesure de réagir rapidement et tous les efforts ont été mis en place afin d’enrayer cette éclosion le plus rapidement possible » a assuré le président et directeur général du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, Sylvain Lemieux, dans une déclaration.

Un dépistage massif vient d’être lancé auprès du personnel de l’unité afin d’identifier si d’autres personnes pourraient avoir été infectées. Le secteur est d’ailleurs « à éviter pour le moment », affirme l’organisation, qui assure néanmoins que tous les services seront maintenus pour le moment. En plus des employés, les patients qui se trouvaient toujours à l’hôpital au moment des faits seront eux aussi testés.

Ceux et celles qui avaient quitté les lieux dans les derniers jours, pour retourner à la maison, seront contactés par la Direction régionale de santé publique de Montréal (DRSP), qui déclenchera une enquête épidémiologique. « C’est difficile de dire quand exactement nos employés ont été touchés », indique à ce sujet le conseiller en communication CIUSSS, Christian Merciari.

« À l’hôpital, on ne refuse personne »

« Toutes les mesures sont en place » pour minimiser les risques de propagation, assure le centre intégré universitaire de santé. Au-delà du dépistage systématique, des procédures additionnelles de nettoyages et de désinfection ont été mises sur pied. Une surveillance « accrue » des symptômes des usagers sera aussi effectuée, promet-on.

Les urgences, ce sont toujours des endroits névralgiques, puisqu’on en a toujours besoin. Mais à l’hôpital, on ne refuse personne. Il peut toujours y avoir des incidents même si on fait le maximum pour prévenir les infections.

Christian Merciari, conseiller au CIUSSS de l’Est de Montréal

La situation illustre selon lui toute l’importance de redoubler de prudence en matière de respect des consignes, dont le lavage des mains, le port du masque et l’application de la distanciation sociale de deux mètres. Le CIUSSS invite aussi les gens qui présenteraient des symptômes à se présenter dans une de ses cliniques de dépistage, en visitant le ciusss-estmtl.gouv.qc.ca/covid-19/depistage-de-la-covid-19.

En soirée, vendredi, le taux d'occupation à l'urgence de l'hôpital était de 118%, selon des chiffres d'Index Santé. Désigné comme établissement de « traumatologie secondaire », Santa Cabrini Ospedale a également été nommé Centre de lutte contre le cancer en 2006.

Les milieux de travail très touchés

Mardi, le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a dévoilé que près de la moitié des éclosions de COVID-19 au Québec (46%) étaient survenues dans des milieux de travail, ce qui expliquerait en bonne partie la forte transmission communautaire présente dans plusieurs régions.

« C’est sûr qu’on va refaire ce qu’on appelle des visites avec contrôle de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) auprès de certains milieux de travail pour s’assurer que ça soit appliqué », a dit le Dr Arruda.

À la fin septembre, la Dre Mylène Drouin, directrice de la Santé publique de Montréal, avait quant à elle révélé que 53 foyers d’éclosions étaient en cours dans la métropole. De ce nombre, 28 provenaient de milieux de travail, 14 d’établissements d’enseignement et six du réseau de la santé.