Lors de la première vague de COVID-19 au printemps, 10 % des personnes habitant en CHSLD sont mortes de la maladie. Un taux nettement supérieur à ce qui a été constaté en Ontario (2,6 %) ou en Colombie-Britannique (0,6 %). Pour le Collectif Action COVID, qui regroupent plusieurs intervenants, dont le Collège des médecins, l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, des chercheurs et des groupes de défense des droits des aînés, le gouvernement doit rapidement agir pour ne plus qu’un tel drame se reproduise.

Ariane Lacoursière Ariane Lacoursière
La Presse

Porte-parole du Collectif Action COVID, le gériatre Réjean Hébert estime que le Québec s’est tristement distingué à travers le monde lors de la première vague pour le nombre de décès en CHSLD. « C’est comme un âgicide ! » lance-t-il, en parlant du taux de décès de 10 %.

Le DHébert explique que les membres du Collectif sont particulièrement inquiets alors qu’une deuxième vague de COVID-19 touche la province. « Il faut absolument éviter de revivre ce qu’on a vécu lors de la première vague », dit-il. Pour le Collectif, le gouvernement doit rapidement adopter une série de mesures pour prévenir les éclosions en CHSLD et agir plus rapidement.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a annoncé ces dernières semaines avoir engagé un gestionnaire par CHSLD au Québec. « Mais pour nous, ces gestionnaires doivent être responsables. Ils devraient être des cadres supérieurs qui peuvent prendre des décisions », dit le DHébert.

Le Collectif souhaite aussi que le gouvernement entame une véritable réforme des CHSLD, qu’il conventionne les CHSLD privés et établisse des normes de soignants par résidant en CHSLD. « Il y a 15 ans, quand j’étais médecin en CHSLD, on avait un médecin pour 75 résidants. Aujourd’hui, on est à un médecin pour 200 résidants. Il faut une réflexion sur les normes de personnel », dit le DHébert. Des formations approfondies en prévention et contrôle des infections doivent aussi être offertes et les infrastructures des CHSLD, rénovées.

L’homme est le seul animal qui trébuche deux fois sur la même pierre ; espérons qu’en ce domaine, les leçons de la première vague permettront d’éviter à tout jamais une telle catastrophe et d’assurer aux aînés en perte d’autonomie des services sécuritaires et de qualité.

Le Collectif Action COVID dans une lettre ouverte publiée dans nos pages Débats

Listes à jour

Cette sortie survient alors que le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a mis à jour, mercredi, ses listes montrant les CHSLD et résidences privées pour aînés (RPA) actuellement touchés par des éclosions de COVID-19. La semaine dernière, La Presse avait souligné en point de presse au ministre de la Santé que les données publiées par son ministère ne reflétaient pas la réalité.

Selon la nouvelle liste, 502 résidants de RPA sont actuellement touchés par la COVID-19, ainsi que 340 résidants de CHSLD. Neuf RPA et quatre CHSLD sont classés « rouges », c’est-à-dire qu’ils ont plus de 25 % de leurs résidants contaminés.

La résidence privée Villa St-Joseph à Saint-Hyacinthe est la RPA la plus touchée de la province alors que 85 % de ses occupants sont positifs à la COVID-19. Le CISSS de la Montérégie-Centre dit avoir dépêché du personnel sur place. « Il s’agit de personnel dédié qui est stabilisé dans cette résidence. Nous avons aussi envoyé une équipe en prévention et contrôle des infections pour s’assurer que tout était conforme à ce niveau », explique le porte-parole, Hugo Bourgouin.

Avec 76 % de ses résidants touchés, le CHSLD de Lambton est le CHSLD le plus touché de la province.