La Presse a appris que des policiers avaient dû disperser un rassemblement d’une centaine de personnes dans un établissement de la communauté juive ultraorthodoxe, lundi soir, à la limite entre Outremont et Mont-Royal.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

L’intervention est survenue deux jours après celle des policiers de Boisbriand visant un immense rassemblement aux abords d’une synagogue de la communauté juive hassidique Kiryas Tosh.

Le rassemblement montréalais était plus petit, mais s’est produit à l’intérieur, ce qui augmente les risques de propagation de la COVID-19. Le bâtiment abrite une synagogue et une bibliothèque religieuse qui sont utilisées par la communauté ultraorthodoxe (mais pas hassidique) du quartier.

« Des policiers du SPVM se sont effectivement rendus sur le chemin Bates en réponse à un appel reçu lundi soir », ont confirmé les communications du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) par courriel. « Sur place, ils ont demandé à une centaine de personnes de se disperser, ce qu’elles ont fait pacifiquement. »

La police a indiqué qu’étant donné cette coopération, ses policiers n’avaient pas jugé bon de sévir. « Aucun constat d’infraction n’a été remis », a mentionné l’organisation, toujours par courriel.

Selon nos informations, plusieurs participants au rassemblement ont quitté les lieux précipitamment à l’arrivée des policiers. D’autres se seraient couvert le visage d’un masque en voyant les forces de l’ordre.

Consignes affichées

Lors du passage de La Presse sur les lieux, mercredi après-midi, quelques membres de la communauté entraient dans le bâtiment.

L’un d’eux, qui s’est identifié avec le prénom Zak, a affirmé qu’il n’était pas présent lundi, mais qu’il a entendu parler de l’intervention policière.

« Je ne pense pas qu’il y avait un évènement, a-t-il dit. Il n’y avait pas tant de monde que ça, je crois que c’est une réaction exagérée. »

D’autres fidèles n’ont pas voulu discuter avec La Presse. Dans la porte, une affiche interdisait aux visiteurs d’embrasser la Torah et décourageait les poignées de main ainsi que tout « contact physique ». « Un espace adéquat doit être maintenu entre les individus », ajoute le document.

L’administration de la synagogue n’a pas rappelé La Presse.

Un garagiste voisin du bâtiment a expliqué à La Presse que le flot des visiteurs à la synagogue avait beaucoup baissé depuis le retour des mesures sanitaires contraignantes, en septembre.