Une personne sur quatre qui est atteinte de la COVID-19 travaille dans le milieu de la santé, selon la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), qui estime que plus doit être fait pour protéger les travailleurs alors qu’une deuxième vague touche le Québec. Le syndicat, qui représente 110 000 travailleurs de la santé et des services sociaux, dénonce que la mobilité du personnel se poursuive et que les équipements de protection ne soient pas encore optimaux.

Ariane Lacoursière Ariane Lacoursière
La Presse

« Nous sommes très préoccupés pour la suite », affirme le président de la FSSS, Jeff Begley.

Selon le syndicat, la mobilité de personnel se poursuit dans les CHSLD, notamment dans les services alimentaires, chez le personnel de désinfection et le personnel d’entretien. « Il faut arrêter le va-et-vient », plaide M. Begley.

La vice-présidente de la FSSS, Josée Marcotte déplore aussi que des « économies de bout de chandelle » soient faites dans la gestion des équipements de protection. Elle dénonce notamment que le gouvernement ne garantisse toujours pas la fourniture et l’entretien d’uniformes à plusieurs travailleurs du réseau. « On offre des uniformes au McDonald, au Tim Hortons… Dans le réseau de la santé, on n’est pas en mesure d’assurer des uniformes. Il y a un risque de propagation », dit-elle.

Depuis le début de la pandémie, la FSSS-CSN demande que les employés de CHSLD soient dotés de masque N-95 tout comme les travailleurs d’hôpitaux.

Des négociations trop lentes

La FSSS-CSN s’inquiète de voir plusieurs travailleurs de la santé quitter le réseau actuellement. « On comprend que ça fait 15 ans de coupures et de démarches pour affaiblir le réseau. […] Entre 2003 et 2015, le personnel a perdu 30 % de leur salaire par rapport à l’inflation. Et on n’a pas rattrapé ça depuis 2015. Le gouvernement doit avoir un souci de mobiliser le monde », affirme M. Begley.

La FSSS dénonce le fait que l’accès à certaines primes promises par le gouvernement soit « une course à obstacles ». Il y a beaucoup de gens qui sont exclus de ces primes », affirme Mme Marcotte.

Cette dernière reproche aussi au gouvernement de n’offrir « aucune réponse concrète pour améliorer la situation dans la réseau de la santé » aux tables de négociations. « C’est l’heure d’améliorer les conditions de travail. Ce qu’on constate aux tables de négociations, c’est tout le contraire », déplore-t-elle. Pour M. Begley, ce que le gouvernement doit craindre par-dessus tout, c’est une « démobilisation jamais vue » des travailleurs de la santé.