(Québec) Le premier ministre François Legault a fermé une fois pour toutes, mercredi, la porte à rendre publics les avis quotidiens qu’il reçoit de la Direction de la santé publique.

Patrice Bergeron
La Presse Canadienne

Les oppositions, le Parti québécois (PQ) en tête, réclamaient sans relâche depuis le mois de mai la diffusion de ces documents, pour comprendre sur quoi se fondent les décisions du gouvernement, ainsi que pour mieux distinguer les décisions sanitaires des décisions politiques.

Tout récemment, le directeur de la santé publique, Horacio Arruda, s’était montré ouvert à diffuser les recommandations quotidiennes qu’il émettait au cabinet du premier ministre, même s’il s’agit de courriels, de tableaux, de notes, peu importe la forme.

En conférence de presse mercredi après-midi au parlement, M. Legault a dit clairement non à la publication de ces avis pour le bénéfice de la population, « parce qu’en pratique, ça ne marche pas comme ça », a-t-il argué.

Dans ses justifications, il a fait plutôt référence à la publication des comptes-rendus des délibérations menant aux décisions quotidiennes du gouvernement.

« La majeure partie des décisions ont été discutées. […] Donc, ce sont des discussions, ça a lieu rapidement. Et on écoute les recommandations, on en débat, on en discute, mais jusqu’à présent on a réussi à s’entendre sur les mesures. »

Il avait toujours répété auparavant qu’il n’y avait pas de temps pour tenir des procès-verbaux.

Le chef péquiste Pascal Bérubé s’est toujours scandalisé des méthodes du gouvernement qui ne documentait pas ainsi sa gestion de la pandémie — une documentation qui pourrait pourtant servir à la postérité, soutenait-il.

« Ils disent qu’ils n’ont pas le temps, avait-il dit en mêlée de presse. Pourtant la Seconde Guerre mondiale était pas mal intense et Charles de Gaulle a trouvé le temps de rédiger beaucoup de notes qui sont toujours utiles aujourd’hui. Un employé du cabinet de M. Legault pourrait prendre des notes et ça serait utile. »

Selon M. Bérubé, la population a droit à ces avis et ces décisions. « S’il y a des avis, qu’on les présente le jour même, puis on pourra les apprécier. S’il n’y en a pas, c’est très grave. »