Plus les gens ont été stressés par le confinement, plus ils passaient du temps sur les réseaux sociaux ou devant un service de vidéo en continu comme Netflix, selon une nouvelle étude de l’Université Concordia. Le lien est particulièrement fort pour les femmes.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Il est difficile de savoir si le stress mène à plus de temps devant les écrans, ou si c’est l’écran qui mène au stress », explique Najmeh Khalili-Mahani, neuroscientifique à Concordia, qui est l’une des deux coauteurs de l’étude publiée mardi dans le Journal of Medical Internet Research. « Nous avons récemment publié des données montrant que les écrans peuvent constituer un refuge pour les personnes stressées. La pandémie était une perturbation soudaine, une situation idéale pour étudier la question. »

Les répondants dont la santé mentale était la plus affectée par la pandémie utilisaient deux fois plus de services de visionnement en continu comme Netflix. Les femmes étaient deux fois plus susceptibles d’augmenter leur consommation de réseaux sociaux pour contrer le stress de la pandémie. Et les moins de 35 ans préféraient plutôt les jeux vidéo. Près de 700 personnes ont répondu au sondage en ligne de Mme Mahani, en provenance de partout dans le monde.

« Nous avons aussi vu que dans certains cas, les répondants évitaient certaines sources d’information à l’écran, si ces informations étaient négatives ou controversées, de nature complotiste », dit Mme Mahani.

Deux fois plus de femmes que d’hommes

L’une des faiblesses de l’étude était qu’elle comportait deux fois plus de femmes que d’hommes et que les plus pauvres étaient très peu représentés. « On avait très peu de gens dont les revenus avaient été affectés par la pandémie, alors il faudrait une autre étude sur le sujet », précise Mme Mahani.

L’étude de l’impact des théories du complot est aussi compliquée par la surreprésentation féminine, puisque ce type de phénomène touche davantage les hommes. L’Organisation mondiale de la santé, qui tiendra samedi une collecte de fonds avec des vedettes pour financer des programmes de santé mentale liés à la COVID-19, a publié lundi une enquête sur le sujet. Sur 130 pays sondés, 93 ont fait état de graves perturbations dans les services spécialisés en santé mentale. Et si 83 % des pays sondés ont réservé des fonds à la santé mentale dans les plans de sauvetage anti-COVID-19, seulement 17 % ont accordé les sommes jugées nécessaires.

Le stress de la pandémie en chiffres

49 % des gens ont utilisé davantage le téléphone durant la pandémie

38 % des gens n’ont pas modifié leur utilisation du téléphone durant la pandémie

28 % des gens ont consulté davantage les médias écrits durant la pandémie

48 % des gens n’ont pas modifié leur consultation des médias écrits durant la pandémie

39 % des gens ont utilisé davantage les réseaux sociaux durant la pandémie

37 % des gens n’ont pas modifié leur utilisation des réseaux sociaux durant la pandémie

Source : Journal of Medical Internet Research

— Avec l’Agence France-Presse