Léonie, Saève et Romy portaient déjà leur masque à leur sortie des classes, rue Marquette, à Montréal. Le trio n’était pas découragé de devoir le porter toute la journée à compter de jeudi. « Tant que nous pouvons l’enlever pour faire du sport, ça ne me dérange pas », a dit Saève, 12 ans.

Audrey Ruel-Manseau Audrey Ruel-Manseau
La Presse

Pour Luna, Maïko et Jean-Paul, des élèves de 4secondaire à l’école Père-Marquette, c’est justement cette mesure qu’ils mettent en doute.

« C’est étouffant, le masque, mais c’est correct. Comme ça, s’il y a un cas, il ne contaminera pas tout le monde », a commencé Maïko. « Ça nous protège, mais vu qu’on n’est pas obligés de le porter dans les cours d’éduc, s’il y a un cas, il va le transmettre. C’est dans ce cours-là qu’on a le plus de contacts… », s’est demandé Luna, appuyée par son ami Jean-Paul.

Comme tous les élèves de 4e et de 5secondaire en zone rouge, le trio devra se soumettre aux cours à la maison une journée sur deux, dès jeudi.

Moi, je trouve ça très nice. J’aime être chez nous, mais je vais aussi pouvoir voir mes amis, mais pas tout le temps. Ça donne un break.

Maïko

« J’aime bien les journées à la maison parce que je travaille mieux, je me fais un horaire et je suis plus efficace, a commenté Luna. Les trois quarts du monde prennent le métro ou l’autobus, alors ça va réduire nos contacts. Pour nous, ça ne change peut-être rien, mais on le fait pour les parents et les grands-parents », a-t-elle ajouté, espérant que cet effort « aide à avoir un Noël normal ».

Plus loin, des élèves de 2secondaire avaient des avis partagés sur le port du masque durant les cours. Macha a déjà de la difficulté à se concentrer, de son propre aveu. Elle craint de perdre carrément le fil durant ses cours.

J’ai l’habitude de fixer les gens pour être capable d’écouter. Quand le prof de maths me parle avec son masque et sa visière, je décroche. Et avec mon masque en plus, mes lunettes qui font de la buée, je ne sais pas où ira ma concentration !

Macha, 13 ans

Son amie Emma redoute aussi cette nouvelle mesure. Asthmatique, elle tolère difficilement le masque « plus de cinq minutes ». Justine, elle, aime tout de même mieux des mesures resserrées qu’une fermeture des établissements scolaires.

« Ça fait du bien de revenir à l’école. La situation est stressante, anxiogène, et au moins, ici, on est dans notre élément », croit Justine.

Les élèves s’entendent tous pour dire que le port du masque est beaucoup plus respecté que la distanciation et le concept de bulle à l’école. Le groupe d’adolescentes, tout comme le trio de 4secondaire, montre toutefois du doigt un problème loin du gymnase et des salles de classe : les jeunes amoureux qui ont beaucoup de difficulté à respecter les règles sanitaires.

« Madame, ÇA, c’est un problème. Les couples s’embrassent tout le temps ! », de dire Myriam, 13 ans, avant que ses amies sautent dans l’échange en nommant une brochette d’exemples.

« J’en ai même vu s’embrasser avec leur masque ! », a ajouté l’une d’elles, suscitant rires et étonnement chez ses amies.