La plupart des éclosions de COVID-19 se produisent dans les milieux de travail et les écoles et bien peu dans les bars et restaurants, a pu constater La Presse en colligeant les données des régions qui se sont réveillées ce jeudi matin en mode « alerte maximale ». Survol.

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

« Milieux de travail », bars et restaurants

Pour la région de Montréal, la Santé publique dénombre un total de 85 éclosions actives, dont 38 sont survenues dans des « milieux de travail ». Selon les données fournies à La Presse, on signale dans les milieux de travail des éclosions dans quatre restaurants, deux gyms et un bar.

Il n’a pas été possible de savoir pour tous les établissements consultés si la catégorie « milieux de travail » comprenait les bars et restaurants lorsque des employés étaient touchés, comme c’est le cas à Montréal.

La Presse a demandé à tous les CISSS et CIUSSS en zone rouge des précisions au sujet de leurs éclosions. On a pu constater que les établissements classent les éclosions selon des catégories différentes et que leurs appellations varient aussi.

Par exemple, à Laval, six éclosions sont survenues dans une catégorie appelée « autres lieux », ce qui comprend les bars, les restaurants, mais aussi les mariages et les congrès. Un total de 14 autres éclosions sont liées à des entreprises.

La Montérégie compte 70 éclosions actives, dont 28 sont dans des entreprises. Les éclosions dans les bars sont enregistrées dans les « lieux publics et évènements », qui, pour l’heure, comptent cinq éclosions actives.

La Capitale-Nationale, où l’histoire de la soirée karaoké au bar Le Kirouac a marqué les esprits, a créé une catégorie « bar, restaurants et cafés » bien distincte. En date du 28 septembre, on dénombrait 66 éclosions actives à Québec, dont 10 étaient liées aux bars, restaurants et cafés.

Éclosions actives dans les milieux de travail/entreprises

En date du 28 septembre 2020, par régions en zone rouge

• Montréal : 38 (dont 4 restaurants et 1 bar)

• Montérégie : 28

• Laval : 14

• Lanaudière : 5

• Laurentides : 6

• Capitale-Nationale : 30 (+ 10 restaurants, bars et cafés)

• Chaudière-Appalaches : 4

Éclosions dans les écoles

À Montréal, le tiers des éclosions actives touchent des établissements d’enseignement (tous niveaux confondus). Ces éclosions ont touché pour la majorité moins de 10 cas. « La plupart concernent des bulles classes, mais on voit aussi des éclosions en service de garde et dans les équipes sportives », a précisé la porte-parole du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal, Émilie Jacob. On enregistre aussi six éclosions dans des garderies.

En Montérégie, 22 éclosions actives frappent « le milieu scolaire ». À Laval, où l’on dénombre 44 éclosions actives au total, 13 sont dans les écoles et deux en garderies. Dans les Laurentides, 11 écoles sont touchées tout comme dans la Capitale-Nationale.

Éclosions actives dans le milieu scolaire/en garderie

En date du 28 septembre 2020, par régions en zone rouge

• Montréal : 27/6

• Montérégie : 22/5

• Laval : 13/2

• Lanaudière : 4/0

• Laurentides : 11/1

• Capitale-Nationale : 11/0

• Chaudière-Appalaches : 7/0

En milieux de vie et de soins

On remarque que la deuxième vague de la pandémie déferle de plus en plus dans les « milieux de vie » comme les CHSLD et résidences pour personnes âgées (RPA), fortement touchés lors de la première vague. À Montréal, la Santé publique dénombre neuf éclosions actives en « milieu de soins ou de vie ». Ces éclosions concernent toutes moins de 10 cas, a précisé Mme Jacob.

Ce sont 9 éclosions à Laval et 10 en Montérégie. Huit milieux de vie sont en éclosion dans les Laurentides, ainsi que l’hôpital Laurentien à Sainte-Agathe. La région de la Capitale-Nationale est particulièrement touchée : on dénombre des éclosions dans trois CHSLD de Québec, cinq RPA et une résidence intermédiaire. Dans Chaudière-Appalaches, c’est un CHSLD, cinq RPA, trois autres « ressources d’hébergement » et trois « milieux de soins ».

Éclosions actives dans les milieux de vie et de soins

En date du 28 septembre 2020, par régions en zone rouge

• Montréal : 9

• Montérégie : 10

• Laval : 9

• Lanaudière : 0

• Laurentides : 9

• Capitale-Nationale : 9

• Chaudière-Appalaches : 12

Partys privés et autres

Difficile de savoir combien d’éclosions ont pour source des partys privés. Dans Chaudière-Appalaches, par exemple, on dénombre cinq éclosions liées à « des activités sociales ou de loisirs ». Au CISSS des Laurentides, on précise que « les rassemblements privés ne sont pas comptabilisés » par milieux. Dans Lanaudière, on compte trois éclosions liées à des « activités communautaires ». Un milieu religieux est touché à Québec et deux autres « dans des milieux récréatifs ». À Montréal, cinq éclosions découlent « d’autres milieux de la communauté » comme des équipes sportives et des centres communautaires.

Une éclosion liée à un bar de Villeray

La brasserie montréalaise l’EtOH, dans le quartier Villeray, a dû fermer temporairement ses portes la semaine dernière à la suite de la détection d’au moins trois cas de COVID-19. Il s’agit, selon le propriétaire, de deux employés qui ont pris un verre sur place après leur quart de travail avec un client infecté, mais asymptomatique. La Presse a appris que quatre autres clients qui ont fréquenté l’endroit dans les jours ayant suivi l’infection ont aussi reçu un diagnostic positif depuis le week-end. Les mesures de prévention de la brasserie l’EtOH ont été respectées à la lettre, affirme Alex Bédard, un étudiant au MBA qui faisait partie du groupe comptant les quatre personnes infectées. Les employés portaient tous un masque, les tables étaient séparées par des panneaux de plexiglas et les convives se sont fait interdire de passer d’une table à l’autre. Le nom et le numéro de téléphone de tous les clients ont aussi été inscrits dans un registre. Toutes les personnes infectées se porteraient bien pour le moment et auraient des symptômes légers, selon nos informations.

— Tristan Péloquin, La Presse