(Québec) Les partis d'opposition réclament du gouvernement Legault qu’il impose un moratoire sur l’utilisation d’agences de placement « qui exploitent sans scrupule des personnes qui veulent simplement travailler » dans le réseau de la santé.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Le chef péquiste par intérim, Pascal Bérubé, a décrit en ces termes les agences qui ne satisfaisaient pas avant la pandémie aux critères de sélection des contrats publics. Or, depuis quelques mois, Québec fait appel à leurs services, même si certains recrutent des demandeurs d’asile, comme le démontre une enquête de La Presse publiée jeudi.

« Le coût humain et le coût sanitaire d’avoir des agences est plus élevé que le coût de payer convenablement ces professionnels de la santé », a réitéré M. Bérubé, qui réclame du gouvernement depuis le printemps, a-t-il dit, qu’il cesse de transiger avec ces entreprises.

« Ces personnes-là peuvent travailler dans un hôpital et remplacent des gens qui n’y travaillent pas. Qu’on les embauche avec des conditions acceptables, notamment pour l’horaire, pour la permanence, puis ils vont rester dans le réseau hospitalier », a-t-il ajouté.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Vincent Marissal

Le député de Québec solidaire Vincent Marissal a pour sa part affirmé jeudi que « c’est honteux » que Québec « [mette] des gens à risque [et] permette à des gens de s’enrichir notamment sur des réfugiés qui ont besoin de travailler ».

« On parle ici de soins donnés à des gens, et on parle surtout d’exploitation de gens qui sont engagés par des agences qui n’ont aucun scrupule et dont le modèle de rentabilité est basé essentiellement sur l’exploitation de leurs employés », a dénoncé M. Marissal, exigeant que ces personnes soient embauchées par le secteur public.

« Il est préoccupant de constater la présence de ces systèmes en marge de notre réseau de santé. On ne peut se permettre de multiplier des pratiques à proscrire, notamment celle du transfert de personnel d'établissements en établissements. On parle ici de soins de santé, cela implique des vies humaines. Il ne faut surtout pas prendre la situation à la légère », a déclaré par écrit la députée libérale Marie Montpetit.