Les entreprises touristiques situées en région, en particulier dans les domaines du plein air et de l’agrotourisme, sont celles qui ont le mieux réussi à tirer leur épingle du jeu au cours de l’été, confirme une enquête commandée par le ministère du Tourisme à la Chaire de Tourisme Transat. À Montréal, par contre, on a trouvé l’été difficile et dans certains secteurs, dont l’hôtellerie et la restauration, certains craignent de ne pas survivre à l’hiver.

Ariane Krol Ariane Krol
La Presse

6/10

C’est le taux de satisfaction moyen du secteur par rapport à la saison estivale. Il est cependant deux fois plus élevé en région rurale (6,9/10) que dans les grands centres urbains (3,4/10), révèle le rapport d’enquête consulté par La Presse. Montréal a même la mine très basse (2,8/10). Et si le taux de satisfaction dépasse 7/10 dans les secteurs du camping et du prêt-à-camper, des résidences de tourisme, des centres de vacances, du plein air, de la nature et de l’agrotourisme, il n’est que de 4/10 du côté des festivals et évènements, ainsi que des hôtels de 100 chambres et plus.

PCU

Comme dans d’autres secteurs, les employeurs témoignent de la concurrence de la Prestation canadienne d’urgence (PCU). Une bonne majorité d’entre eux (61 %) se sont dits préoccupés par le recrutement de personnel en contexte de PCU. Les enjeux de ressources humaines « ont persisté, voire […] empiré », note le rapport.

37 %

C’est le pourcentage d’entreprises qui pensent avoir couvert leurs frais… mais aussi d’entreprises qui estiment avoir fonctionné à perte. Près de la moitié de ces dernières (43 %) calculent avoir perdu au moins 100 000 $, et 10 % évaluent leurs pertes à plus de 1 million de dollars. Là encore, les organisations opérant à Montréal, les hôtels de 100 chambres et plus ainsi que les arts et spectacles sont les plus durement touchés. Dans l’ensemble, seulement le quart des répondants (26 %) s’attendaient à faire des profits pendant l’été.

De 7 à 12 mois

C’est le temps qu’il faudra pour que le niveau d’activité revienne à la normale, estiment 38 % des organisations. C’est le délai le plus souvent cité, mais les répondants sont presque aussi nombreux (32 %) à penser qu’il faudra attendre jusqu’à deux ans. La situation est déjà revenue à la normale, ont cependant indiqué 15 % des participants – et c’est encore plus élevé dans les Cantons-de-l’Est, en Gaspésie et en Outaouais (de 24 % à 27 %).

1/7

Plus d’une organisation sur sept, soit 15 % d’entre elles, craint de devoir fermer définitivement au cours des six prochains mois. Ces entreprises précaires, qui sont surreprésentées dans les secteurs de la restauration et de l’hôtellerie (de 4 à 39 chambres), se trouvent surtout dans les grands centres urbains, comme Montréal, avec une clientèle provenant souvent de l’extérieur du Québec, précise le rapport. Les trois quarts (76 %) estiment avoir fonctionné à perte pendant l’été.

« On ne peut remplacer les touristes étrangers », note la ministre du Tourisme, Caroline Proulx, en rappelant que la situation est difficile dans toutes les grandes villes. Un plan pour courtiser les visiteurs étrangers sera déployé « dès que les frontières seront rouvertes », promet-elle.

« Quand ça sera le temps de soulever les interrupteurs, on sera là », assure Martin Soucy, PDG de l’Alliance de l’industrie touristique. D’ici là, il faut réussir à préserver le parc hôtelier, les festivals et évènements ainsi que le côté gourmand de Montréal, souligne-t-il.

Méthodologie

Sondage web mené par la Chaire de tourisme Transat du 14 au 24 août 2020 auprès d’entreprises, organisations et commerces québécois recevant des touristes. L’échantillon final, non probabiliste, totalisait 1210 répondants.