(Québec) Le gouvernement Legault a clarifié mercredi le message confus qu’il a lancé mardi, à savoir que des policiers pourraient éventuellement rentrer sans mandat dans des résidences privées, si la pandémie prenait de l’ampleur, pour s’assurer que les mesures sanitaires sont respectées. « Il n’est absolument pas question en ce moment » d’aller dans cette direction, a tranché la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

« Je veux être claire là-dessus : l’inviolabilité des domiciles privés, c’est un droit très important, fondamental au Québec », a-t-elle dit, répétant à plusieurs reprises que le gouvernement « n’envisage pas de permettre aux policiers d’assiéger du jour au lendemain nos maisons ».

Cette mise au point, effectuée quelques minutes avant la période des questions, mercredi, est la suite d’une conférence de presse survenue mardi où le directeur national de la santé publique, DHoracio Arruda, et le ministre de la Santé, Christian Dubé, affirmaient que « s’il faut aller là, on va y aller », concernant la possibilité que des policiers entrent sans avoir un mandat d’un juge dans des résidences privées.

Pour l’instant, Québec travaille plutôt avec le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) afin de permettre aux policiers de donner des constats portatifs (communément appelés des « tickets ») aux citoyens qui organisent des rassemblements ou des partys en excédant la limite de personnes permise dans des lieux privés.

Tir groupé de l’opposition

Alors qu’ils réclament à cor et à cri plus de clarté et de transparence, les partis d’opposition ont demandé mercredi que le gouvernement Legault mette fin, sans délai, à la confusion autour de la possibilité que des policiers puissent entrer dans des maisons, sans mandat, pour faire respecter les règles sanitaires.

« On a de très sérieuses réserves », a lancé mercredi le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé. Il estime que Québec doit indiquer « s’il travaille véritablement sur un scénario tel que celui-ci. […] Si c’est le cas, on n’est pas convaincus du tout », a ajouté M. Bérubé en mêlée de presse.

Québec solidaire a même déposé une motion mercredi demandant au gouvernement du Québec de carrément « exclure la possibilité d’octroyer des pouvoirs additionnels aux forces policières qui leur permettraient d’entrer plus facilement dans les domiciles privés sans mandat ». La motion a été adoptée au Salon bleu.

« On ne peut pas prendre ça à la légère et on ne peut laisser planer un doute sur cet enjeu aussi fondamental », a dénoncé le co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois.

« Depuis la semaine dernière, chaque annonce qui a été faite, il y a dû y avoir une rétractation, une clarification, parfois deux fois, parfois trois fois, parfois quatre fois. Alors, est-ce que c’est une erreur de communication ? Absolument », a indiqué la cheffe du Parti libéral, Dominique Anglade.

« On n’est pas en accord. Avant d’envoyer la police chez des gens sans mandat, il va falloir que le gouvernement fasse une démonstration que c’est le dernier des recours. On est très loin de ça », a-t-elle ajouté.