(Montréal) Des chauffeurs d’autobus et de berlines scolaires pressent Québec de modifier ses règles en matière de transmission de l’information, afin qu’ils puissent être tenus informés des cas de COVID-19 dans les écoles. Le gouvernement Legault, lui, dit comprendre la demande, mais renvoie la balle vers les centres de service.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

« Nous avons le droit de savoir », martèle le président du transport scolaire à la Fédération des employés de services publics (FEESP-CSN), Stephen P. Gauley, dont l’organisation regroupe 3500 chauffeurs.

Si Québec demande déjà à l’ensemble des établissements d’enseignement où survient un cas de COVID-19 d’avertir les parents et le personnel, les directives seraient toutefois moins rigides pour les chauffeurs d'autobus, déplore l’organe syndical. « Ce n’est pas une exigence », indique-t-on.

Pendant ce temps, M. Gauley déplore notamment que sur le terrain, certaines entreprises dont Sogesco, l’un des joueurs les plus importants en matière de transport scolaire au Québec, n’aient pas encore installé de barrières de protection dans leurs véhicules. « Il s’agit pourtant du meilleur moyen de protéger les conducteurs », illustre le leader syndical.

Selon lui, la plupart des chauffeurs sont quotidiennement exposés à des élèves pour une période prolongée, parfois à moins de deux mètres. Il souligne que les jeunes ne sont pas tenus de porter le masque avant la 5e année du primaire, et « s’assoient bien souvent en avant, parfois à moins de deux mètres du conducteur, et ce, pendant plus de 15 minutes ».

Des travailleurs « vulnérables »

La situation serait d’autant plus préoccupante qu’une proportion « importante » de chauffeurs a au-delà de 60 ans, voire 70 ans et plus, rappelle la FEESP-CSN. Le syndicat martèle que plusieurs de ses membres sont donc plus « vulnérables » que la population en général.

« Nous demandons au ministère [de l’Éducation] de modifier ses règles », insiste le vice-président du syndicat, Jean-Pierre Bourgault. À ses dires, l’information serait très « facile à établir », car un système informatique permet déjà de savoir dans quel circuit se trouvent les élèves, partout dans la province.

« Les contacts dans l’autobus ne doivent pas être oubliés », martèle enfin Stephen P. Gauley, en faisant référence aux enquêtes épidémiologiques de la Santé publique. Selon lui, des élèves de « plusieurs classes et parfois de plusieurs écoles » utilisent le même autobus dans la même journée.

Québec « encourage fortement »

Joint par La Presse, le cabinet du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, affirme qu’il « encourage fortement » les centres de services et les établissements d’enseignement privés « à partager ces informations aux transporteurs scolaires, de la même manière qu’elle est transmise aux parents et aux élèves ».

« Depuis la semaine dernière, nous rendons publique, chaque jour, une liste des établissements scolaires ayant au moins un cas positif et le nombre de cas déclarés dans le réseau scolaire chez les élèves et les membres du personnel, le nombre de classes temporairement fermées et les informations quant au le nombre de cas rétablis », dit l’attaché de presse, Francis Bouchard.

Selon les plus récentes données du ministère, 817 cas de COVID-19 ont été recensés à travers le réseau scolaire depuis la rentrée. De ce nombre, 507 étaient toujours actifs en date de lundi après-midi. Ces chiffres comprennent tant les élèves que les membres du personnel, de même que les centres de formation professionnelle et aux adultes.

D’après le regroupement citoyen COVID Écoles-Québec, plus de 400 écoles font maintenant face à au moins un cas dans la province.

-Avec La Presse canadienne