Alors qu’elle confirme que la deuxième vague est commencée dans la métropole, la directrice de la santé publique de Montréal implore la population de coopérer davantage avec les autorités, un appel qui touche les jeunes en particulier.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

Lors d’une conférence de presse, lundi, la Dre Mylène Drouin a exprimé ses craintes au moment où « on voit que la courbe s’accélère ». Un total de 219 cas a été signalé dans la journée de dimanche dans la métropole, qui vient de passer au palier d’alerte orange. Et sur ce nombre, pas moins de « 50 % de nos cas sont chez les 18-34 ans ».

Un des problèmes, à l’heure actuelle, c’est que les gens contactés par la santé publique de Montréal ne collaborent pas toujours. « On a appelé 512 personnes en fin de semaine. Seulement le tiers a répondu », a précisé la Dre Drouin.

Avouant que leur « stratégie de traçage et d’isolement » n’est pas efficace, puisque la population est récalcitrante à coopérer, la directrice avance qu’il est donc encore plus nécessaire que les citoyens réduisent leurs contacts dans les prochains jours pour aplatir la courbe et réduire la propagation de la COVID-19.

Des citoyens ont déploré les méthodes utilisées par la santé publique pour contacter les personnes qui auraient été en contact avec une personne contaminée, entre autres parce que le numéro de téléphone des équipes de traçage est masqué.

La directrice n’est pas d’accord avec ces reproches qui ne s’appliquent pas à Montréal, selon elle. Dans le cas de Montréal, il est mentionné que l’appel vient de la santé publique ou d’un CIUSSS, dit-elle.

« Durant la même journée, les enquêteurs doivent faire deux tentatives d’appel. On commence même à introduire le texto et le courriel. On fait une dernière tentative le lendemain matin et, si on n’a pas de réponse, un coursier à vélo va déposer une lettre en main propre qui demande aux gens de rappeler dans les 24 heures. »

La préoccupation actuelle des autorités concerne les rassemblements privés. La mairesse Valérie Plante a mentionné que la situation est maîtrisée dans les transports en commun, les lieux publics et les bars. « Il ne faut pas qu’on oublie toutes les mesures sanitaires quand on rentre à la maison », a lancé Mme Plante.

C’est d’ailleurs pour cette raison que la santé publique ne souhaite pas fermer les bars pour l’instant. « On a vu que ça déplaçait les jeunes vers des événements intérieurs où c’est plus difficilement contrôlable », a expliqué la Dre Mylène Drouin.

La santé publique de Montréal a indiqué que les secteurs les plus touchés par la COVID-19 en ce moment sont : Parc-Extension, Mont-Royal, Outremont, Côte-Saint-Luc, le centre-ville, Montréal-Nord, Saint-Michel et Saint-Léonard.

Il y a 53 éclosions actives dans la métropole : 14 en milieu scolaire, 2 en service de garde, 28 en milieu de travail et 6 dans les milieux de soin.