Bien que le traçage soit une des mesures les plus importantes pour limiter la propagation de la COVID-19, de 25 % à 30 % des Québécois joints par la Santé publique refusent de collaborer aux enquêtes épidémiologiques.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a profité d’une annonce à l’hôpital de Verdun, à Montréal, pour en « appeler à la population ».

« Lorsqu’on a une éclosion, la Santé publique demande aux premières personnes d’identifier avec qui elles ont été en contact dans les trois ou quatre derniers jours, qui est la période critique, a-t-il d’abord précisé. Malheureusement, de 25 à 30 % des gens ne répondent pas. »

Il y a quelques jours, M. Dubé avait évoqué un repas à Laval qui avait réuni 17 personnes, dont 14 avaient par la suite été déclarées positives. Or, vendredi matin, plus de deux semaines après l’évènement, il a évoqué de nouveau cet exemple pour mettre en évidence les immenses difficultés rencontrées par les autorités de santé publique.

« Dix-sept personnes ont été contaminées et nous n’avons pas fini de contacter la liste des 330 personnes [qui ont possiblement été en contact avec elles], parce que les gens ne répondent pas. C’est ça qui nous inquiète : de ne pas être capable de fermer cette boucle-là. »

Et pourquoi plus d’un quart des personnes contactées ne collaborent-elles pas aux enquêtes de la Santé publique pour limiter la portée du coronavirus ? Christian Dubé évoque notamment la crainte, chez certains, d’être stigmatisés.

« Ces appels-là vont rester excessivement confidentiels », a-t-il promis, en s’excusant de nouveau dans la foulée de ses déclarations sur la coiffeuse de Thetford Mines. Une erreur, a-t-il répété.

La plupart du temps, les gens contaminent de manière involontaire. Il faut expliquer ça aux gens : n’ayez pas peur de nous aider à compléter la chaîne d’éclosion pour qu’on puisse faire notre travail.

Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

La veille, la Dre Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal, avait elle aussi évoqué les difficultés que rencontre son équipe avec le traçage. Elle avait alors indiqué que le nombre de personnes à contacter lors d’une enquête était beaucoup plus élevé actuellement qu’il ne l’était pendant la première vague.

« Les gens ont beaucoup plus d’évènements et de fêtes, a-t-elle expliqué. Même s’ils respectent le nombre maximal de 10 personnes par évènement, lorsqu’ils apprennent qu’ils sont positifs, ils ont eu quatre ou cinq évènements dans les derniers jours. Ça fait beaucoup de personnes à contacter. »

Pour faciliter le travail d’enquête des équipes de santé publique, il est donc important que la population y collabore, notamment en répondant à leurs appels, ont affirmé les autorités.

« Je pense qu’il faut appeler à la responsabilisation, a lancé M. Dubé. C’est non seulement important pour leur vie, mais il faut compléter cette chaîne d’éclosion le plus rapidement possible. Chaque jour qu’on perd, c’est quelqu’un qui est peut-être contagieux, qui est peut-être en train d’infecter quelqu’un d’autre. »