(Montréal) Pour la première fois depuis le retour en classe il y a un mois, une école secondaire privée de Montréal a dû renvoyer à la maison tous ses élèves en raison d’une éclosion de COVID-19. Si une telle situation devait se reproduire, toutes les écoles publiques de la province sont prêtes à faire l’école à distance, assure Québec.

Publié le 18 sept. 2020
Marie-Eve Morasse
Marie-Eve Morasse La Presse

Aux prises avec une quinzaine de cas de COVID-19, l’école secondaire Herzliah de Montréal a annoncé à ses élèves qu’ils devraient faire l’école à distance pour les deux prochaines semaines.

L’éclosion à cette école est maîtrisée, a précisé jeudi la directrice de la Santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, qui a ajouté qu’au total, sept éclosions sont survenues dans des écoles de la métropole. Celle de l’école Herzliah est la plus importante, a-t-elle relevé.

Que ce soit une école en entier qui ferme ou des classes isolées, tous les centres de services scolaires de la province sont prêts à faire de l’enseignement à distance dans de courts délais, indique-t-on au cabinet du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Québec dit avoir reçu tous les protocoles d’urgence en cas de fermeture, qui devaient lui parvenir au plus tard cette semaine. Ces protocoles doivent notamment prévoir du soutien pour les élèves en difficulté, du soutien en santé mentale, mais aussi l’équipement informatique pour les élèves.

Au centre de services scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSSPI), dans l’est de Montréal, on a déjà eu l’occasion de tester ce protocole qui compte plus d’une centaine de pages. En un mois, 18 classes ont dû être placées en isolement préventif, à tel point que le directeur général du CSSPI, Antoine El Khoury, dit qu’il commence à « comprendre comment ça fonctionne ».

Chaque fois que j’ai un élève dans un groupe qui a la COVID-19, la Santé publique ferme le groupe pour deux semaines.

Antoine El Khoury, directeur général du CSSPI

C’est arrivé à l’école secondaire de la Pointe-aux-Trembles. Les choses se sont déroulées rondement malgré le fait que ce soit des élèves de première secondaire fraîchement débarqués du primaire qui ont été renvoyés à la maison, dit sa directrice Fabienne Duret.

Avant qu’ils ne rentrent chez eux, les élèves ont été rencontrés. « On était rendus à la deuxième ou la troisième journée d’école. On voulait bien expliquer aux élèves qu’on ne confirmait pas qu’ils avaient la COVID, mais que, par mesure de précaution, il fallait attendre les informations de la Santé publique. Ça a permis d’éviter des soucis d’anxiété », dit Mme Duret.

Comme les enseignants n’ont pas dû être isolés, ils ont donné leurs cours aux élèves toujours présents en classe, mais aussi à ceux qui sont retournés à la maison. Pour ces derniers, l’horaire régulier a été maintenu et, bien qu’ils aient été à distance, leur présence était requise.

Pas de répétition du printemps

La valse-hésitation du printemps dernier a servi de leçon. « On agit différemment », dit le directeur général du CSSPI Antoine El Khoury. Dans ce centre de services, la gestion des cas de COVID-19 a été centralisée et une personne a le mandat de communiquer avec la santé publique.

Entre autres changements, les enseignants doivent maintenant utiliser un seul et même logiciel de visioconférence et on s’est assuré que tous les élèves aient accès à un ordinateur et à une connexion internet. Même en plein cœur de la métropole, 900 élèves de ce centre de services n’ont pas accès à l’internet à la maison, a révélé un sondage. Pour pallier le problème, 1000 clés USB dotées d’une telle connexion ont été acquises.

Maintenant que des classes ont été mises en quarantaine, craint-on qu’une école au complet le soit ? « Qu’on le veuille ou non, ça risque d’arriver, mais le fait que ce soit centralisé, ça devient plus facile de gérer une éclosion. On va être prêt », assure le directeur général du CSSPI, Antoine El Khoury.

La directrice de l’école secondaire de la Pointe-aux-Trembles n’aime pas trop penser à l’éventualité que son millier d’élèves retourne à la maison si la Santé publique le demandait.

« On a eu la chance, ou la malchance, que les deux premiers cas aient été en première secondaire. Ça nous rassure, ce sont les plus jeunes et on avait à les former sur l’éducation à distance. On va vivre avec ce qui nous arrive. On est prêts, sans vouloir l’être », conclut Fabienne Duret.

Maintenant 247 écoles touchées

Jeudi, le nombre d’écoles où des cas de COVID-19 ont été déclarés est passé à 247, portant le nombre de classes fermées à 173, selon la liste mise à jour quotidiennement par le gouvernement. Cette liste recense les cas tant dans les écoles publiques que privées. Au total, 453 élèves et membres du personnel ont reçu un diagnostic positif depuis la rentrée.