(Québec) Le gouvernement Legault lance une « vaste opération policière » ce week-end visant plus de « 1000 établissements titulaires d’un permis d’alcool », comme les bars et les restaurants, afin d’assurer le respect des consignes sanitaires pour prévenir l’éclosion de nouveaux cas de COVID-19.

Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

L’opération, intitulée OSCAR (Opération systématisée comportements à risque), vise « à identifier les endroits où il pourrait y avoir des problèmes de respect des règles sanitaires et y intervenir ». En conférence de presse à Québec, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a affirmé vendredi que les policiers seraient « très visibles, très proactifs », alors qu'il faut « tout faire pour éviter une deuxième vague » d’infection au coronavirus.

« Mes collègues et moi n’avons qu’un seul objectif tous les jours [et] c’est de protéger la santé des Québécois [pour] faire en sorte que la société puisse continuer à fonctionner. [Nos mesures] ne reposent sur aucun complot et aucune velléité dictatoriale », a précisé la ministre, alors que des centaines de manifestants complotistes ont sillonné les rues ces dernières semaines pour nier l’existence d’une pandémie.

À Montréal seulement, 40 policiers du SPVM visiteront au cours de la fin de semaine près de 250 établissements licenciés. La Sûreté du Québec (SQ) entend aussi visiter autant d’endroits sur l’ensemble du territoire qu’elle patrouille.

« À ceux qui sont encore réfractaires […] s'il vous plait, conformez-vous », a dit Mme Guilbault, qualifiant l'opération OSCAR de « massive ».

Quoi faire avec les rassemblements dans les maisons ?

Or, cette opération est mise en place alors que Québec répète depuis quelques jours que le principal problème de contamination à la COVID-19 n’est pas dans les bars ou les restaurants, mais bien dans les rassemblements privés dans des domiciles.

« Le principal problème, la propagation des cas au Québec, ça se passe surtout dans les maisons. Oui, il y en a un peu dans les bars, peut-être qu'il y en a dans les manifestations, mais le principal problème, c'est dans les maisons », avait dit le premier ministre François Legault mercredi.

« Il faut quand même noter que chaque semaine, on voit des images dans les bars, des planchers de danse bondés. […] Il faut quand même admettre qu’il y a des situations d’infractions aux règles de santé publique […] et il serait faux de penser qu’il n’y a aucun problème qui se déroule dans ces établissements », a justifié vendredi Mme Guilbault.

La ministre de la Sécurité publique a également affirmé qu’elle était en discussions avec le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) pour permettre aux policiers de remettre des constats portatifs, communément appelés des « tickets », plutôt que des constats longs aux personnes qui ne respecteraient pas les consignes sanitaires dans les lieux privés. Rappelons qu'il est interdit sur l'ensemble du territoire du Québec d'être plus de 10 personnes dans un même lieu privé, comme une maison.

« En ce moment, je ne suis pas en train de préparer un document ou de préparer une stratégie pour que nos policiers puissent entrer dans les maisons privées sans mandat du jour au lendemain », a affirmé Geneviève Guilbault.

« Ce n’est pas notre idée, ce n’est pas notre intention, ce n’est pas notre souhait. Le droit à la vie privée est fondamental au Québec et ni moi ni le premier ministre n’avons envie d’assiéger les maisons privées du jour au lendemain », a-t-elle dit, rappelant tout de même que les citoyens qui voient des voisins enfreindre les règles peuvent contacter les policiers.

Toujours de nombreux cas

Québec a rapporté vendredi 297 nouveaux cas de COVID-19 dans la province, ce qui fait grimper le total à 66 653 depuis le début de la pandémie. Aucun décès n’est survenu dans les 24 dernières heures, mais un décès survenu à une date inconnue s’ajoute, pour un total de 5792 décès. Le nombre d’hospitalisations est demeuré stable.

Au cours des derniers jours, le Bas-Saint-Laurent et Québec ont frôlé une augmentation des nouveaux cas qui aurait poussé les autorités à placer ces régions en code orange (troisième palier d'alerte, qui inclut des restrictions). En point de presse, jeudi, le directeur national de Santé publique, Horacio Arruda, a indiqué que les fêtes de jeunes dans le bas du fleuve et les karaokés dans la capitale avaient été problématiques ces dernières semaines.

Pour la capitale nationale seulement, la hausse des nouveaux cas annoncés vendredi, à 86, fait de la région ayant connu la plus forte hausse dans toute la province. En comparaison, Montréal a enregistré vendredi 58 nouveaux cas.

– Avec La Presse Canadienne