(Québec) Le gouvernement de Blaine Higgs resserre l’accès à son territoire en interdisant désormais aux résidants du Témiscouata de séjourner une journée au Nouveau-Brunswick. Ce nouveau règlement n’est pas étranger à la hausse récente des cas de la COVID-19 dans le Bas-Saint-Laurent.

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

Il n’est donc plus possible pour les Québécois de la MRC de Témiscouata de réaliser ce qu’on appelle « une excursion d’une journée » au Nouveau-Brunswick – un assouplissement autorisé au début de l’été avec le ralentissement de la pandémie.

« En raison de l’augmentation du nombre de cas confirmés de COVID-19 dans la région du Bas-Saint-Laurent, au Québec, nous devons être prudents et continuer de fournir notre part d’efforts pour garder le Nouveau-Brunswick en sécurité et ralentir la propagation de la COVID-19 », a déclaré dans un communiqué le premier ministre Higgs.

Nouvellement élu majoritaire, le gouvernement Higgs explique avoir pris cette décision en « tenant compte des conseils de la Santé publique » et du changement apporté au niveau d’alerte du Bas-Saint-Laurent. La région est passée au jaune, c’est-à-dire en mode « préalerte », après des éclosions liées à des fêtes étudiantes.

« La Santé publique continuera de surveiller la situation au Québec et de conseiller le gouvernement en ce qui a trait aux mesures frontalières », a affirmé la médecin-hygiéniste en chef, la Dre Jennifer Russell, dans le même communiqué.

Les résidants du Témiscouata peuvent encore traverser la frontière, mais uniquement pour « des raisons essentielles » comme un rendez-vous médical, un « emploi approuvé » et la garde partagée d’enfants. Tous les enregistrements faits en ligne pour une « excursion d’une journée » ne sont plus valides.

Ce changement ne touche pas les résidants de la MRC d’Avignon ni ceux de la communauté de Listuguj notamment en raison de leur proximité avec l’hôpital de Campbellton. La région de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine est d’ailleurs toujours au vert selon le code de couleurs du gouvernement du Québec.

« Défendable », mais « déplorable »

Le député péquiste des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, estime que la décision du Nouveau-Brunswick est « défendable » étant donné que le Bas-Saint-Laurent compose avec une montée des cas. « Je pense que c’était à prévoir, mais c’est décevant », a-t-il dit à La Presse.

« J’ose espérer par contre que leur position va évoluer lorsque la situation va s’améliorer au Bas-Saint-Laurent parce qu’il a fallu attendre longtemps pour que le Nouveau-Brunswick s’ajuste [pour l’accès à son territoire] quand ça allait mieux », explique M. Arseneau.

Il soutient au passage que si le Nouveau-Brunswick « veut être logique », il serait moins strict pour les résidants des Îles-de-la-Madeleine où il n’y a aucun cas de la COVID-19, depuis mars.

Des élus et des résidants des Îles-de-la-Madeleine réclament que leur territoire soit inclus dans la « bulle atlantique » pour faciliter leurs déplacements.