(Québec) Alors que les partis d’opposition estiment qu’il est « inacceptable » que le gouvernement Legault n’ait pas mis à jour ses projections de l’évolution de la pandémie, à l’aube de la deuxième vague, François Legault s’engage à les révéler « aussitôt » qu’il les aura.

Publié le 17 sept. 2020
Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse
Tommy Chouinard
Tommy Chouinard La Presse

« Ce n’est pas normal », a lancé la cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade. « Ce n’est pas normal de ne pas avoir des scénarios et des projections sur ce qui s’en vient. Si on en avait au mois de juin, pourquoi on n’en a pas aujourd’hui », a ajouté la cheffe libérale en mêlée de presse, jeudi.

Mercredi, le premier ministre affirmait qu’il n’a « pas d’autres projections que celles qu’on a publiées au mois de juin ». Il disait avoir demandé à la Santé publique de les mettre à jour.

Il a ajusté son discours jeudi. Chaque jour, a-t-il expliqué, les scénarios « optimiste » et « pessimiste » sur l’évolution de la pandémie « sont ajustés en fonction de la réalité », en particulier concernant les hospitalisations et les décès. « Mais, il n’y a pas beaucoup d’ajustements depuis le mois de juin », a-t-il ajouté.

Le nombre de cas confirmés de COVID-19 est toutefois plus important que prévu en ce moment. « Est-ce que le grand nombre de cas va se convertir éventuellement en hospitalisations ? Ça, il ne faut pas que ça arrive. Mais pour l’instant, ce n’est pas arrivé », a-t-il expliqué, faisant valoir que plusieurs États de la planète observent la même situation et se posent les mêmes questions.

Talonné en Chambre par Dominique Anglade, le premier ministre s’est engagé à dévoiler les nouvelles prévisions sur le nombre de cas « aussitôt » qu’il les aura.

Québec solidaire déposera aussi une motion jeudi pour que le premier ministre révèle ses projections ou les informations dont il dispose au sujet de son code de couleurs « d’ici les 24 prochaines heures », a fait savoir Manon Massé. « On a besoin de savoir sur quoi il s’appuie », a lancé co-porte-parole.

Le député du Parti québécois, Joël Arseneau, s’est dit « abasourdi » d’apprendre que Québec n’avait pas encore de scénarios plus récents. « Comment peut-il dire depuis le début le mois d’août qu’il est prêt à affronter la deuxième vague quand on n’a pensé demander aux experts et à l’INSPQ [Institut national de santé publique du Québec] de développer des projections », a-t-il dit.

Les trois partis d’opposition réclament que le gouvernement fasse davantage preuve de transparence s’il veut que les Québécois adhèrent aux consignes sanitaires alors que le nombre de cas est à la hausse au Québec. Les libéraux ont rappelé que « ce n’est pas normal d’aller sur Twitter » pour obtenir de l’information faisant allusion à la fuite d’un document détaillant le système d’alertes régionales par couleurs, mercredi.