Des cas de COVID-19 sont recensés quotidiennement dans les écoles, mais le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, estime que « les gens sont de plus en plus rassurés ». Jeudi, le ministre a toutefois admis que son gouvernement n’avait pas fini de « colliger » le nombre de cas de COVID-19 déclarés dans les écoles.

Marie-Eve Morasse
Marie-Eve Morasse La Presse

Combien de cas de COVID-19 sont recensés dans les écoles et où ? M. Roberge n’a pas voulu s’avancer, jeudi. « On est en train de colliger toutes ces informations-là et on est tout près du moment où on va pouvoir les rendre publiques », a-t-il affirmé en conférence de presse, dans une école de Montréal.

Mercredi, La Presse a rapporté qu’un père de la métropole publiait sur un site internet tous les cas de COVID-19 recensés en milieu scolaire. Mentions dans les médias ou lettres envoyées par les écoles à l’appui, le site COVID Écoles Québec comptait jeudi 54 écoles dans la province où des cas ont été confirmés.

Appelé à commenter cette initiative, mercredi, le premier ministre François Legault a estimé que rien ne garantissait la fiabilité de ces données et a demandé aux Québécois d’être « patients » puisque l’information serait disponible « dans les prochains jours ».

On sait qu’il y a eu des cas, mais y a-t-il eu une éclosion de coronavirus dans un établissement scolaire depuis la rentrée ?

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

J’attends d’avoir les données. Ce que je comprends, c’est qu’on a surtout des cas, je n’ai pas entendu parler d’éclosion, mais je vais attendre d’être certain avant de donner cette information-là.

Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation

Québec est en train de « s’arrimer avec les centres de services » pour obtenir rapidement les informations quand survient un cas, a dit le premier ministre. Il estime que les cas de COVID-19 recensés dans certaines classes jusqu’à maintenant démontrent que le concept de bulle-classe, au cœur de la stratégie gouvernementale de la rentrée, est efficace, puisque aucune école n’a dû être fermée.

Le directeur général du centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) assure de son côté qu’il est informé dès qu’une direction d’école recense un cas de COVID-19. « Je suis au courant et je mets le Ministère au courant. On le sait, on le dit », assure Robert Gendron. La reddition de comptes vers Québec, qui se fait par téléphone, n’est toutefois pas « organisée ». « La procédure va probablement être à faire » par le ministère de l’Éducation, avance Robert Gendron.

Une rentrée qui se passe « très bien »

Jean-François Roberge a estimé jeudi que la rentrée des classes se passe « très bien ». « L’écho que j’ai, c’est que les membres du personnel sont satisfaits, ça se passe bien, et chaque jour qui passe, le niveau d’anxiété baisse et les gens sont de plus en plus rassurés », a dit le ministre.

Le directeur général du centre de services scolaire de Montréal n’est pas prêt à faire la même affirmation. « On se garde une petite gêne avant de dire que l’anxiété baisse », dit Robert Gendron. Au moment où le Québec enregistre une hausse des cas quotidiens, il craint qu’une telle affirmation ne fasse baisser la garde à tout le monde.

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Robert Gendron, directeur général du centre de services scolaire de Montréal

Le directeur général du CSSDM est toutefois rassuré par la manière dont un récent cas de COVID-19 à l’école primaire Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal, a été géré. Il n’a fallu que quatre heures pour « être mis au courant, parler à la Santé publique, connaître le niveau de risque pour les personnes concernées et écrire aux parents et au personnel », a expliqué Robert Gendron. Sur les 900 élèves de cette école primaire, 45 ont été renvoyés à la maison pour deux semaines, précise-t-il, dont des élèves de la classe de l’enfant touché et du service de garde.