Particulièrement touchée par la pandémie, la région de Laval travaille à « stimuler » le dépistage dans sa population, à l’aube d’une potentielle deuxième vague. Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a de nouveau lancé un appel aux jeunes, jeudi.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Personne ne va vous chicaner. Il faut juste identifier les personnes qui auraient pu être en contact rapidement », a-t-il rappelé, lors d’une conférence de presse tenue jeudi au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Laval. Une quarantaine de jeunes avaient été placés en isolement au début août dans le secteur, dû à un rassemblement privé.

M. Arruda, qui soutient que le Québec est à « un point tournant » de sa lutte contre la pandémie, affirme que le réseau lavallois de la santé « se prépare déjà à la deuxième vague ». « Plusieurs travaux préparatoires ont eu lieu. Les gens du CISSS travaillent avec le ministère pour stimuler le dépistage dans la population », a-t-il dit, vantant la couronne nord pour sa contribution « novatrice » à l’atteinte des cibles de dépistage ce printemps, via ses cliniques à l’auto.

En matière de délais, Laval devra continuer de faire bonne figure à ce chapitre, dit le sous-ministre adjoint. « On entend parler de gens qui attendent jusqu’à sept jours, mais à Laval, ça s’est maintenu entre 24 heures et 48 heures, la plupart du temps en moins de 36 heures. On va s’assurer de conserver ça », a-t-il souligné, promettant que des phases de dépistage auront lieu « dans différents milieux » de la communauté.

Nous savons qu’il y a encore des choses à améliorer. On va faire mieux qu’hier et moins que demain.

Horacio Arruda, directeur national de santé publique

Plus d’un citoyen sur dix déjà dépisté

En date du 27 août, plus de 100 000 tests de la COVID-19 avaient été effectués dans la ville de Laval. Le directeur régional de santé publique, Jean-Pierre Trépanier, affirme qu’environ 14 % des résidants ont passé « au moins un test » depuis le début de la crise sanitaire.

« On est en train de mettre en place du programme de dépistage systématique pour les employés dans les CHSLD et les résidences pour personnes âgées », a-t-il confié jeudi, ajoutant que du « personnel spécialisé », dont une quinzaine d’infirmières, sera envoyé dans les écoles, les milieux de travail et plusieurs établissements de santé, pour prévenir les éclosions « au quotidien ».

Jusqu’ici, un peu plus de 6260 Lavallois ont contracté le virus. Comme dans plusieurs autres municipalités, un cas sur cinq est attribuable à des gens de plus de 80 ans. L’âge moyen des cas déclarés a toutefois atteint 40 ans au cours des dernières semaines. Dans les deux dernières semaines, huit nouveaux cas ont été déclarés au quotidien dans le secteur, en moyenne, la situation s’étant pour l’instant « stabilisée ».

Ces chiffres ne sont qu’une partie de la réalité. Des études sérologiques ont démontré qu’environ 3 % de la population de Laval aurait contracté la maladie.

Jean-Pierre Trépanier, directeur de la santé publique de Laval

Environ 84 établissements de Laval, surtout des bars, ont été rencontrés entre le 10 et le 24 août. « Dans certains cas, des correctifs ont été demandés, mais ça a surtout été une occasion de faire de la prévention avec les tenanciers », a affirmé M. Trépanier.

Le CISSS de Laval, lui, promet d’offrir des postes à temps-plein à « tous les étudiants lavallois » qui auront suivi le programme de formation de trois mois pour devenir préposé aux bénéficiaires. « Avec le recul, nous avons tiré des leçons et avons redéfini notre plan », a indiqué la directrice générale adjointe de l’établissement, Geneviève Goudreault.