C’est pour une question de santé que plusieurs cégeps et universités tiennent en tout ou en grande partie leur session d’automne à distance, même dans des régions où il y a eu peu de cas de COVID-19, assure la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann.

Marie-Eve Morasse
Marie-Eve Morasse La Presse

Pendant l’étude des crédits à l’Assemblée nationale, mercredi soir, le député péquiste Sylvain Roy s’est inquiété de la rentrée à « géométrie variable » dans les collèges et universités, citant notamment des cégeps dans l’est de la province, où, dit-il, la session se déroule presque entièrement à distance.

« Est-ce qu’on veut sauver de l’argent sur le nettoyage des poignées de porte ? », a demandé le député.

« Le premier objectif, c’est de préserver la santé et que ce soit sécuritaire », a rétorqué la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, rappelant que des universités ailleurs dans le monde ont dû fermer leurs portes après une seule semaine de cours.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Danielle McCann, ministre de l’Enseignement supérieur

C’est une période temporaire […], et il faut faire en sorte qu’on n’ait pas d’éclosion, ou le moins possible, parce que quand on a une éclosion, il faut tout fermer, et c’est le branle-bas de combat.

Danielle McCann, ministre de l’Enseignement supérieur

Il y aura autant de rentrées qu’il y a de cégeps et universités dans la province cet automne. Québec a néanmoins dit souhaiter la plus grande présence physique possible sur les campus l’automne prochain.

« Silence » de la ministre

Danielle McCann, qui a été ministre de la Santé pendant la pandémie, a été nommée ministre de l’Enseignement supérieur à la fin de juin. Jusque-là, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, était aussi titulaire de ce poste.

Mercredi, la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) a dénoncé le « silence » de la ministre depuis sa nomination.

« Pas une seule déclaration, pas un seul mot ! Les plus critiques affirmeront que ce silence est à l’image du vide politique de votre gouvernement en matière d’éducation supérieure depuis son élection », a affirmé sa présidente, Caroline Quesnel.

Le syndicat a en outre invité la ministre à « résister aux pressions insistantes de l’enseignement à distance improvisé systématisé ».