La Santé publique de Laval enquête sur une fête entre une trentaine de jeunes qui aurait été le théâtre d’au moins six infections à la COVID-19, la fin de semaine dernière, alors que le bilan provincial demeure relativement stable.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

Le rassemblement, qui contrevenait aux consignes sanitaires, aurait eu lieu dans une résidence privée du quartier Sainte-Rose samedi soir.

« Six jeunes sur environ 27 […] ont été testés positifs à la COVID-19 ce matin », a rapporté à La Presse le père de l’un des participants, qui tenait ces informations d’une discussion sur Facebook dans laquelle les jeunes s’informent mutuellement de leur diagnostic. « Les autres attendent leurs résultats. »

« Il y avait du monde partout dehors et en dedans sans aucune distanciation physique. Les jeunes ont joué à des jeux de calage [en partageant des verres], ont partagé des vapoteuses et même une chicha », a déploré le parent, très mécontent.

Je suis de ceux qui pensent que les messages aux jeunes ne passent pas, et j’en prends une partie du blâme, mais le gouvernement est trop mou dans ses directives…

Le père d’un jeune qui a participé à la fête

Le père de famille a refusé d’être identifié publiquement, de peur que son enfant ne subisse des conséquences.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Laval a confirmé qu’il se penchait sur une telle fête.

« Notre équipe d’intervenants en santé publique procède présentement à une enquête concernant des cas de COVID provenant d’un rassemblement privé », a écrit la porte-parole Judith Goudreau. « Il est cependant trop tôt pour connaître le lieu et le nombre de personnes touchées par cette enquête. »

Les moins de 30 ans sont les principaux vecteurs du coronavirus cet été. Ils représentent pas moins de 45% des nouveaux cas confirmés de COVID-19 au Québec depuis deux semaines. C’est nettement plus que ce printemps, alors qu’ils représentaient seulement 20 % des cas

10 décès oubliés

Par ailleurs, le nombre de nouveaux cas annoncés mercredi par le ministère de la Santé s’élevait à 95. Le chiffre est relativement stable depuis le début de la semaine, toujours sous la barre des 100 nouveaux cas quotidiens.

Le gouvernement a aussi rapporté 12 nouveaux décès, mais 10 d’entre eux remontent à plusieurs mois. Ils sont survenus au plus fort de la pandémie à la Place Kensington, une résidence pour aînés de Westmount, sans jamais être comptabilisés dans le bilan quotidien.

« Le problème a été découvert lors d’un suivi de la part du CIUSSS [du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal], qui a remarqué un écart entre les données de la Santé publique et celles du CIUSSS », a indiqué un communiqué du réseau de la santé. Cette situation a fait en sorte que le Ministère n’a pu compiler le nombre exact de décès et en faire l’annonce publique au printemps.

Cet ajustement des données porte le total de décès liés à la COVID-19 à la RPA Place Kensington à 19 résidants. Le dernier décès lié à la COVID-19 date du 16 mai.

Extrait du communiqué

Le CIUSSS montre du doigt « l’absence de plusieurs membres du personnel de la résidence » pour expliquer le retard dans la déclaration des 10 morts. Le communiqué n’accuse toutefois pas directement la résidence de cette omission.

Le CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal a refusé de s’expliquer, mercredi. « Nous n’avons rien à dire au-delà du communiqué de presse », a indiqué le porte-parole Barry Morgan.

La résidence Place Kensington n’a pas rappelé La Presse. Au plus fort de la pandémie, elle a eu besoin des renforts du réseau public pour maintenir ses services.

« Le ministère de la Santé et des Services sociaux travaille à ce qu’une telle situation ne se reproduise plus », a indiqué Québec, par communiqué.

Plus de 5700 morts

Au total, 5709 Québécois ont succombé à la COVID-19 depuis février ; 151 patients demeurent hospitalisés, dont 20 aux soins intensifs.

Depuis le début de la pandémie, 60 813 personnes ont été déclarées positives au virus sur le territoire québécois. Une analyse publiée par la Santé publique de Montréal confirme qu’après les quartiers du nord-est de la métropole, ce sont maintenant ses quartiers centraux qui sont les plus touchés.