Le boycottage des placements publicitaires sur Facebook ordonné par le premier ministre François Legault prendra fin au début du mois d’août, ce qui permettra de diffuser des messages visant à enrayer la recrudescence de la COVID-19 parmi les jeunes adultes.

Ariane Krol Ariane Krol
La Presse

« Alors qu’on observe dernièrement une hausse des cas parmi les personnes plus jeunes, nous serons ainsi en mesure de rejoindre et de sensibiliser plus directement et efficacement les jeunes via les médias sociaux », a indiqué un porte-parole du bureau du premier ministre, Ewan Sauves, à La Presse lundi.

François Legault a interdit à l’ensemble du gouvernement d’acheter de la publicité sur Facebook le 3 juillet dernier, et ce, pour une période de 30 jours. Cette décision s’inscrivait dans un vaste mouvement de boycottage visant à dénoncer la circulation de messages à caractère raciste, haineux et discriminatoire sur le réseau social. Des sociétés d’État et d’autres institutions publiques, dont des musées, avaient aussi emboîté le pas.

Cette directive a aussi eu pour effet d’empêcher le placement de messages de prévention contre la COVID-19 sur Facebook alors que le Québec assiste à une augmentation des cas, en particulier chez les jeunes adultes.

« On observe une tendance qui est inquiétante chez nos adolescents et nos jeunes de 15 à 34 ans », a souligné la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, en conférence de presse à Montréal lundi.

Hausse de cas

La tranche d’âges de 20 à 29 ans s’est fait particulièrement remarquer du 8 au 14 juillet. Durant cette période, le nombre de cas confirmés dans l’ensemble de la population a augmenté de 40 % par rapport aux sept jours précédents. Chez les 20-29 ans, ils ont augmenté de 128 % durant la même période, montrent les chiffres projetés sur écran durant la conférence de presse.

La situation n’est pas unique au Québec. Dans la semaine suivante, du 15 au 21 juillet, 30 % des cas déclarés dans l’ensemble du Canada étaient imputables à des adultes de 20 à 29 ans, soit le double de leur poids démographique (14 % de la population canadienne).

Bien que les adolescents et les jeunes adultes soient peu à risque de mourir de la COVID-19, ils peuvent en subir des conséquences, a souligné Mme Guilbault. « Croyez-moi, vous n’avez pas envie de vous retrouver aux soins intensifs », a lancé la vice-première ministre.

Mais la première raison pour laquelle la contagion chez les jeunes, en particulier dans les bars et les fêtes privées, inquiète Québec, c’est qu’ils « peuvent devenir des vecteurs de transmission pour des gens qui sont plus vulnérables qu’eux », a indiqué Mme Guilbault.

Les jeunes, a-t-elle fait valoir, ont le pouvoir d’infléchir le cours des choses puisqu’ils sont le groupe le plus affecté en ce moment.

« Je m’adresse à eux aujourd’hui, je m’adresse aussi aux influenceurs, à tous ceux qui peuvent avoir une incidence sur le comportement des jeunes : j’aimerais qu’on se conscientise tous socialement », a déclaré la ministre Guilbault.

Lancement d'une campagne

Québec a lancé lundi une campagne visant à sensibiliser les jeunes au port du couvre-visage et au respect des mesures de distanciation physique. La diffusion de certains messages a cependant commencé la semaine précédente à la radio et sur Spotify. Des vidéos et des bannières sur le Web, ainsi que de l’affichage public sont aussi prévus.

Des placements sur les réseaux Instagram et Snapchat commenceront dès mardi, sur Facebook « dès le début du mois d’août » et la possibilité d’utiliser TikTok est envisagée, a indiqué le ministère de la Santé par courriel.

Il n’a cependant pas été possible de connaître la facture de cette offensive publicitaire. « Les coûts liés à cette campagne seront connus au terme de celle-ci », a répondu le ministère de la Santé.

Pour ce qui est de Facebook, « le mouvement auquel nous avons pris part ne visait que le mois de juillet. Ainsi, [comme prévu], dès le 2 août prochain, nous reprendrons des placements publicitaires », précise-t-on au cabinet du premier ministre.

« Depuis le début de la pandémie, la très grande majorité de nos publicités se retrouve dans les médias écrits québécois », a ajouté M. Sauves.