Un bar de Saint-Jérôme qui n’appliquait pas les consignes sanitaires vient d’écoper d’une suspension de ses permis d’alcool pour 20 jours.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

Piste de danse bondée, baisers langoureux en série, employés non masqués : Le Mondo opérait comme si la COVID-19 n’existait pas, selon des policiers venus témoigner devant la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) mi-juillet.

« On a même pu voir des clientes embrasser différents clients [sur la bouche] pendant la soirée », avait relaté la policière Élizabeth Desjardins. Sur la piste de danse, que la loi interdisait pourtant d’utiliser, « les gens dansaient, se touchaient, étaient à une distance où ils se frôlaient », a ajouté l’une de ses collègues.

Une vidéo publiée par La Presse fin juin montrait l’absence totale de distanciation entre les clients de l’établissement. « Au début de la soirée, les gens restent assis. Mais plus la soirée avance, plus ils boivent, plus il est difficile de rester assis », s’était alors défendu le propriétaire du bar, Antoine Villeneuve. « Ça fait trois mois que les gens sont enfermés. C’est difficile de les empêcher de vivre ! »

Vendredi dernier, M.  Villeneuve, a signé une entente conjointe avec la RACJ dans laquelle il « admet les faits ». Le contrat prévoit que l’accès au local du Mondo, situé à l’intersection des rues Saint-Georges et de la Gare, sera interdit jusqu’au 13 août à 23 h 59.

Le tribunal administratif a rendu une ordonnance qui rend secret un rapport d’intervention de la police de Saint-Jérôme sur place.

Il y a deux semaines, le juge administratif Marc Savard avait décidé de suspendre temporairement les permis d’alcool de l’établissement, le temps de faire la lumière sur la situation. « C’est assez sérieux pour le fermer [le bar], à tout le moins temporairement », avait-il affirmé. « Il ne faut pas que Saint-Jérôme devienne un foyer d’éclosion avec un établissement comme ça », avait plaidé MIsabelle Poitras, de la RACJ, juste avant.

Au total, avec sa fermeture d’urgence, le Mondo devra rester fermé pendant un mois.

À l’audience, les policiers avaient souligné la présence d’individus criminalisés lors de leurs visites au Mondo, notamment des Hells Angels du chapitre de Trois-Rivières.