Inquiet du relâchement constaté dans la population en lien avec la COVID-19 alors que 137 nouveaux cas sont enregistrés au Québec, le ministre de la Santé, Christian Dubé a livré ce message jeudi après-midi : « le virus n’a pas disparu avec le beau temps ».

Ariane Lacoursière Ariane Lacoursière
La Presse

Le ministre Dubé a du coup annoncé une série de trois mesures visant à limiter les éclosions dans les bars. Il a dit vouloir livrer un « message très important » à ceux « qui pensent que la pandémie, c’est fini, qu’on peut laisser tomber la prudence ». « Ceux qui pensent ça font une grave erreur », dit-il. « En se laissant aller comme je le vois dans certains cas, on met la santé et la vie du monde en danger. On ne peut pas accepter ça après tous les sacrifices qui ont été faits par les Québécois », affirme M. Dubé.

Cette annonce survient alors que 137 nouvelles infections sont enregistrées sur le territoire pour un total de 56 216 cas. Pour la première fois depuis le 4 juillet, les nouveaux cas positifs dépassent la centaine. « Ça, ça m’inquiète », a répété à plusieurs reprises M.  Dubé, qui rappelle que le virus ne touche pas seulement Montréal, mais bien tout le Québec.

Le directeur national de santé publique du Québec, le DHoracio Arruda, affirme que la situation n’est pas hors de contrôle. Mais il se méfie grandement des semaines de vacances de la construction qui s’annoncent et appelle la population à la prudence. Estimant que les bars sont des endroits « propices à la contagion », le ministre Dubé dit avoir pris des « mesures pour éviter les éclosions ». Au cours des derniers jours, au moins 90 personnes ont contracté la COVID-19 dans un bar. Dès demain, les bars devront arrêter de vendre des boissons alcooliques à minuit. Les personnes qui s’y trouvent devront avoir quitté les lieux au plus tard à une heure. Les bars ne devront pas accueillir plus de 50 % de leur capacité légale. Les clients devront rester assis et ne pas danser.

Le ministre Dubé sait que ces mesures ne sont pas toutes bien accueillies. Mais il s’agit pour lui d’un « compromis basé sur la prudence ». « Ce qu’on dit depuis le début, c’est que c’est la santé avant tout ». M. Dubé demande aussi aux clients de collaborer avec les bars qui seront invités à tenir un registre de leur clientèle. « Ce registre permettrait de conclure et conduire les enquêtes beaucoup plus rapidement », dit M. Dubé qui parle d’un « effort collectif ». Questionné à savoir si une aide financière sera accordée aux propriétaires de bars, M. Dubé répond que non : « Je pense que la meilleure aide financière, c’est de permettre d’ouvrir. On aurait pu décider de ne pas ouvrir non plus. La plus grande cause de risque, c’est les bars. »