(Ottawa) Le gouvernement fédéral annonce la prolongation du programme d’Aide d’urgence du Canada pour le loyer commercial (AUCLC) pour un autre mois. Et alors que la situation sanitaire s’améliore au pays, Justin Trudeau va commencer à espacer ses conférences de presse quotidiennes.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

« Après un printemps très difficile, les choses continuent de s’améliorer. On a des zones chaudes, mais dans l’ensemble du pays, le nombre de cas d’hospitalisation et de décès est en baisse. […] Dans cette nouvelle phase, Dre [Theresa] Tam [Administratrice en chef de la santé publique du Canada] et moi tiendrons des conférences sur la pandémie, mais pas à tous les jours », a annoncé Justin Trudeau.

Depuis le début de la pandémie, le premier ministre tient pratiquement tous les jours une conférence de presse devant son domicile de Rideau Hall à Ottawa. Ça fait déjà plusieurs semaines que son homologue québécois François Legault ne participe plus à un point de presse quotidien.

Des dizaines de milliers de petites entreprises au pays profitent de l’AUCLC pour diminuer de 75% leur loyer commercial. Le programme lancé en mai dernier couvrait les mois d’avril, mai et juin de cette année. Ottawa prolonge ainsi l’AUCLC pour le mois de juillet. Le programme est toutefois décrié par bien des entrepreneurs pour ses critères restrictifs.

« On veut que les programmes soient adaptés aux besoins des gens. […] Nous travaillons avec les provinces et les territoires pour y arriver. Le programme permet à des milliers de petites entreprises de payer moins cher leur loyer. On comprend que de nombreux propriétaires ont des difficultés et on travaille là-dessus », a expliqué Justin Trudeau. Notons que les provinces assument le quart de la facture.

Trudeau sur la défensive

Appelé à réagir à un rapport cinglant de l’organisme Human Rights Watch publié lundi, Justin Trudeau est demeuré sur la défensive. Le rapport accuse Ottawa de ne pas respecter ses obligations internationales en refusant d’aider des douzaines de Canadiens détenus en Syrie en raison de leurs liens présumés avec le groupe terroriste État islamique. Le rapport appelle le gouvernement fédéral à récupérer 26 enfants canadiens détenus dans ces camps syriens.

Justin Trudeau a martelé que la priorité de son gouvernement était la sécurité du personnel diplomatique canadien. « Nous avons une responsabilité en tant que gouvernement que les citoyens canadiens, surtout que les employés canadiens ne soient pas mis en danger. La Syrie est une région où nous n’avons pas de diplomatie, alors nous travaillons par l’entremise d’intermédiaires », a t-il commenté.

Le premier ministre a toutefois assuré qu’à leur retour au pays, certains Canadiens feront face à des accusations criminelles pour avoir participé à des activités terroristes ou pour avoir soutenu celles-ci.

Trudeau défend la PCU

Justin Trudeau a de nouveau défendu la Prestation canadienne d’urgence (PCU), son programme phare de 2000 $ par mois aux Canadiens qui ont perdu leur emploi en raison de la pandémie. Dans une entrevue au Journal de Montréal, le ministre québécois du Travail, Jean Boulet, a dénoncé les effets pervers de la PCU dans l’économie québécoise dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre.

« Il y a des millions de Canadiens qui n’ont pas d’emploi en ce moment et qui voudraient avoir un emploi, mais parce que l’économie est au ralenti, il n’y a pas d’emploi pour eux. Donc, il va falloir que l’on continue, qu’on leur donne l’aide nécessaire pour pouvoir faire l’épicerie. C’est ça, la priorité. Oui, la relance économique est importante, on a vu énormément de compagnies qui donnent la subvention salariale, mais nous sommes encore dans une situation où trop de Canadiens ont encore besoin de la PCU », a répondu Justin Trudeau à une question sur la sortie du ministre Boulet.