Les usagers des autobus de la Société de transport de Laval (STL) pourront savoir d’avance à compter de la semaine prochaine si le bus qu’ils attendent est plein ou presque vide, afin de permettre « de prendre des décisions éclairées selon [leur] niveau de confort quant à l’achalandage à bord ».

Bruno Bisson Bruno Bisson
La Presse

Dans un communiqué annonçant le lancement de l’« estimateur d’achalandage » mardi prochain, la STL affirme que ses clients seront ainsi les premiers au Canada à bénéficier de cette information en temps réel afin de choisir le bus dans lequel ils souhaitent se déplacer, avant même de se rendre à l’arrêt.

La Société de transport de Montréal (STM) souhaite déployer un système semblable « d’ici la fin de l’été ».

L’information en temps réel sur le degré d’entassement des passagers dans les autobus fait partie de tout un arsenal d’initiatives qui seront mises de l’avant par des sociétés de transport urbain de par le monde, d’ici l’automne prochain, afin de rétablir la confiance en leurs services.

Redonner confiance

À mesure que les activités commerciales, industrielles et autres reprennent dans les grandes villes touchées par la pandémie, les transporteurs souhaitent ramener dans le métro, les trains de banlieue et les autobus une clientèle quotidienne, qui s’est quasiment évaporée depuis le déclenchement de l’état d’urgence sanitaire liée à la COVID-19 il y a trois mois.

Les quatre grands transporteurs de la région métropolitaine n’y échappent pas. Autobus, voitures de train et métro sont nettoyés quotidiennement, et tous les éléments susceptibles d’être touchés par les passagers, comme les boutons d’arrêt, les sangles ou les barres d’appui, sont désinfectés chaque jour.

Les chauffeurs seront bientôt isolés des passagers par un panneau de plexiglas, des distributeurs de gel gratuit pour les mains sont apparus dans les stations de métro, et les sociétés de transport organisent la distribution de masques gratuits pour leurs usagers.

Le port d’un couvre-visage est chaudement recommandé aux usagers, et certains dirigeants ne se cachent pas, en privé, pour exprimer leur agacement face aux hésitations de la Santé publique à le rendre obligatoire.

« Ça aiderait énormément », a affirmé récemment un gestionnaire haut placé à La Presse.

Un précédent en Nouvelle-Zélande

L’idée de diffuser de l’information en temps réel sur le nombre des passagers à bord des autobus, pour laisser l’usager choisir d’y monter ou non, ne date pas d’hier. Dès le mois de mars, en pleine pandémie, la société de transports publics Auckland Transport, l’équivalent de la STM dans la métropole de la Nouvelle-Zélande, l’avait déployée sur son application mobile.

À l’époque, l’information était prioritairement destinée aux travailleurs de la santé afin de leur assurer un transport sécuritaire, sans risque de transmission du coronavirus. Auckland Transport limitait de plus le nombre de passagers à bord de ses autobus. L’information en temps réel permettait donc d’aviser les usagers de ne pas se rendre à l’arrêt inutilement lorsque le chauffeur ne prenait plus de passagers.

IMAGE FOURNIE PAR AUCKLAND TRANSPORT

Depuis la fin mars, l’application mobile d’Auckland Transport (AT), la société de transports publics de la métropole de la Nouvelle-Zélande, informe ses usagers en temps réel du degré d’entassement des passagers dans les bus qui arrivent, ce qui permet d’opter d’avance pour attendre un autobus moins plein, si on souhaite garder une plus grande distance avec les autres usagers. Ici, la STL sera la première à offrir cette info à ses clients.

Après que La Presse en a parlé en avril, le président de la STM, Philippe Schnobb, a assuré que des solutions seraient explorées afin d’intégrer un estimateur de passagers aux applications en temps réel actuellement utilisées par la STM, comme Transit et Chrono.

Dans un courriel transmis à La Presse vendredi, la STM affirme viser une mise en fonction d’ici la fin de l’été, « si tout va bien ».

L’information en temps réel de l’estimateur d’achalandage de la STL ne sera pas transmise au moyen d’une application mobile. Il s’agira d’une fonctionnalité offerte sur le site web de la société à compter du 16 juin.

> Consultez le site de la STL

Selon la STL, cet outil permettra aux clients de connaître à l’avance le nombre estimé de passagers se trouvant à bord, non seulement à l’embarquement, mais aussi tout au long d’un trajet. « Ce dernier élément, assure la société, constitue une première canadienne. »