(Québec) Le Québec déplore le pire bilan au pays depuis le début de cette pandémie et le gouvernement de François Legault est en partie responsable, estiment les partis d'opposition.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

Ariane krol
La Presse

« On dénombre tristement plus de 5000 décès au Québec, le Québec compte pour 23 % de la population canadienne et revendique tristement plus de 60 % des décès », a lancé vendredi le chef du Parti québécois, Pascal Bérubé, lors du traditionnel bilan de fin de session parlementaire.

Cet échec apparent ne peut être uniquement attribué aux choix de la Santé publique ou aux décisions passées des libéraux, estime M. Bérubé. « Le gouvernement a certainement une responsabilité, bien sûr. »

Québec solidaire arrive aux mêmes conclusions. À partir de la médiatisation du fiasco au CHSLD Herron, « le gouvernement a perdu le contrôle », tranche la co-porte-parole solidaire, Manon Massé.

« On ne peut pas éliminer le fait que des milliers d’aînés nous aient quittés. Ça fait partie des résultats du Québec et je pense qu’il faut en être bien conscient », a souligné pour sa part la cheffe du Parti libéral, Dominique Anglade, dans son bilan livré en début d’après-midi.

Manque de personnel, déplacements des travailleurs de la santé entre les établissements, pénurie de matériel de protection… « Résultat : Il y a plus de 5000 personnes qui sont décédées. C’est plus que toutes les provinces canadiennes réunies. Il n’y a pas de quoi être fier », rappelle Mme Massé.

« La différence, c’est que la Colombie-Britannique a agi quand elle a vu le problème venir. Le Québec, lui, a attendu que le problème soit là pour réagir, dit-elle. Quand M. Legault a dit : "Ça va bien aller", je crois qu’il était sincère, mais force est de reconnaître que ça a mal été. »

« Pourquoi avoir attendu qu’on ait un cas au Québec pour commander du matériel le 27 février, quand on sait que plusieurs provinces avaient commencé à commander du matériel depuis le mois de décembre ? », a aussi demandé Mme Anglade. « Comment se fait-il qu’il n’y ait pas eu une cellule de crise qui se soit mise en place » dès le moment où la ministre de la Santé, Danielle McCann, a commencé à commander du matériel de protection et constaté la difficulté d’en obtenir, a poursuivi la cheffe de l'opposition officielle.

Mais si solidaires et péquistes estiment que le gouvernement Legault a une part de responsabilité dans ce bilan, de récents sondages indiquent qu’il jouit encore du soutien d’une majorité de la population.

« Bien, écoutez, le gouvernement a disposé de ressources exceptionnelles pour s’adresser aux Québécois », lance en guise d’explication Pascal Bérubé.

« C’est normal que, dans un temps de crise, la population se rassemble autour du gouvernement », estime quant à elle Manon Massé.

Mais la solidaire affirme que cette période de grâce ne pourra durer indéfiniment.

« Les décisions qui ont été prises, l’absence de transparence actuellement sur le niveau de préparation par rapport à la deuxième vague. On fait juste parler d’installation de climatiseurs dans les chambres des CHSLD, puis on n’est pas capables d’avoir un plan », poursuit Mme Massé.

« Ça, c’est inquiétant, et oui, la population du Québec va se souvenir de ça », croit-elle.

Invitée à commenter l’absence du directeur national de la santé publique à la veille de la crise sanitaire, du 26 février au 8 mars, alors que le Dr Horacio Arruda se trouvait au Maroc, la libérale Anglade a renvoyé la balle dans la cour de la ministre de la Santé. « La ministre McCann doit répondre pour l’ensemble de son ministère », a tranché la cheffe de l’opposition officielle. « C’est les actions qui n’ont pas suivi, c’est surtout ça », a martelé Mme Anglade.