La pandémie devrait naturellement faiblir avec les beaux jours et revenir avec la bise d’hiver, selon une nouvelle étude. C’est la première fois que la saisonnalité de la COVID-19 est établie.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Il y avait déjà eu des analyses plus restreintes montrant que le SARS-CoV-2 est sensible à la latitude, à l’humidité ou à la température, mais nous le montrons dans une perspective mondiale », explique Mohammad Sajadi, de l’Université de Virginie, l’auteur principal de l’étude publiée jeudi dans la revue JAMA Network Open.

Les épidémiologistes de l’Université du Maryland ont analysé la sévérité de la COVID-19 dans 50 villes du monde entier jusqu’au 10 mars. Ils ont constaté que la pandémie a été plus féroce dans les huit villes situées entre 30 et 50 degrés de latitude, dans l’hémisphère nord, alors que la température allait de 0 à 10 degrés Celsius et que l’humidité était d’environ 5 %.

Cela rend la COVID-19 semblable à la grippe, qui survient après Noël, l’hiver, au Canada et dans les autres pays de l’hémisphère Nord, et entre juin et septembre dans les pays de l’hémisphère Sud, comme l’Australie (alors que c’est l’hiver là-bas). Pour les tropiques, comme il n’y a pas d’hiver, la grippe a plusieurs moments forts par année, mais moins forts que dans les latitudes plus élevées (au nord ou au sud).

Dans les années à venir, le coronavirus SARS-CoV-2, responsable de la COVID-19, pourrait causer plusieurs vagues par année dans les régions tropicales et frapper l’hémisphère sud entre juin et septembre, selon le Dr Sajadi. Une autre possibilité est qu’avec des efforts intensifs de santé publique, le coronavirus ne sera pas capable de survivre durant l’été dans les tropiques et l’hémisphère sud, et qu’il disparaisse, comme SARS-CoV en 2003 (NDLR Le coronavirus responsable du SRAS). Mais le nombre grandissant de cas dans le monde rend cette possibilité de plus en plus improbable. »

Si cette saisonnalité se confirme, la surveillance en Nouvelle-Zélande, en Australie, en Afrique du Sud, en Argentine et au Chili entre juin et septembre pourra aider à préparer l’hémisphère nord aux vagues subséquentes de la COVID-19, écrivent les auteurs, comme pour la grippe.

Le Dr Sajadi estime que cette saisonnalité s’est aussi manifestée aux États-Unis. « Il y a eu des éclosions en Floride avec le congé printanier et en Louisiane avec le Mardi gras, dit le Dr Sajadi en entrevue. Le coronavirus est arrivé par des voyageurs, et il n’y avait pas d’immunité préalable dans la population locale. Mais en général, si on compare aux États du Nord, la courbe des nouveaux cas était moins prononcée dans le Sud. »