(Montréal) Estimant que la première phase de la crise du coronavirus a été « un échec » en prévention, les sept grands syndicats dans la santé invitent le gouvernement Legault à mieux préparer le réseau pour une deuxième vague.

Lia Lévesque
La Presse canadienne

Les sept grands syndicats insistent notamment pour avoir accès à des données fiables sur le nombre de travailleurs infectés, par titre d’emploi, par établissement, par service.

Cela permettrait de mieux planifier les ressources, a fait valoir en entrevue lundi Andrée Poirier, présidente de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).

Les sept revendiquent également un meilleur accès à l’équipement de protection individuelle.

« S’il y a une deuxième vague qui arrive, je souhaite, j’exige qu’on n’ait pas à quémander pour protéger ceux qui sont au front et qui côtoient le coronavirus au quotidien », s’est exclamée Mme Poirier.

Elle fait référence aux cas où les masques de protection étaient rationnés et placés sous clef, à d’autres où les bouteilles de liquide désinfectant étaient comptées et données une journée à la fois.

« Ça n’a pas de bons sens qu’on ait à se débattre pour avoir de l’équipement », lance encore Mme Poirier.

L’affirmation des sept voulant que la première phase de la crise ait été « un échec » sur le plan de la prévention est basée sur le fait que 5000 travailleurs de la santé ont été infectés et que six sont décédés, soulignent-ils dans leur déclaration commune.

Quand la pandémie s’est déclarée, « ça a été :’prêt, pas prêt, on y va’, les yeux fermés et pas d’équipement », a illustré Mme Poirier.

Les sept insistent donc pour qu’il y ait davantage de prévention et de planification, avec plus de moyens pour en faire, avant que se pointe une deuxième vague.

Ils revendiquent également que soient entièrement appliqués au réseau de la santé et des services sociaux les quatre mécanismes prévus dans la Loi sur la santé et la sécurité au travail. Ces mécanismes sont : un représentant à la prévention, un comité de santé et sécurité, un programme de santé et un programme de prévention.

Ces sept syndicats sont la FIQ (Fédération interprofessionnelle de la santé), l’APTS, les Fédérations des professionnels et de la santé et des services sociaux de la CSN, le Syndicat québécois des employés de service et le Syndicat canadien de la fonction publique, affiliés à la FTQ, de même que la Fédération de la santé de la CSQ. Ensemble, ils représentent 287 500 travailleurs dans les services de santé et les services sociaux.