Pandémie ou pas, implanter 327 km de nouvelles voies piétonnes et cyclables à travers Montréal ne peut pas se faire sans sonder les résidants et les commerçants comme a entrepris de le faire l’administration de la mairesse Valérie Plante. C’est ce que soutient l’opposition officielle à l’hôtel de ville qui réclame des consultations immédiates.

Kathleen Lévesque Kathleen Lévesque
La Presse

Ensemble Montréal présentera une motion lors du prochain conseil municipal prévu le 15 juin. Le parti qui constitue l’opposition officielle rappelle que la COVID-19 ne peut pas justifier une « improvisation totale ».

Joint au téléphone jeudi, le conseiller municipal Francesco Miele ne mâche pas ses mots. « Les gens se sentent pris de cours, se sentent pris en otage parce qu’ils n’ont jamais eu la chance d’être entendus », dit-il.

La pandémie de COVID-19 a le dos large. C’est l’idéologie de la guerre à la voiture appliquée de façon illogique parce qu’on est en train de faire mal aux Montréalais et Montréalaises qui habitent les quartiers centraux.

Francesco Miele, opposition officielle Ensemble Montréal

La mairesse Valérie Plante a présenté son plan estival de déplacement il y a trois semaines afin de s’adapter à la pandémie en respectant les consignes de distanciation sociale, et soutenir les commerçants. On y prévoit l’ajout de 327 km de voies piétonnes et cyclables, « des mesures musclées », a expliqué Mme Plante.

Mais ces ambitions ont créé de la grogne et de nombreux ratés, constate M. Miele. Il cite en exemple les parcours d’autobus qui ont été modifiés « sans être réfléchis », le « fouillis » de la rue Rachel, le manque de stationnement devenu un casse-tête pour les résidants et surtout, la fermeture à la circulation automobile du boulevard Saint-Laurent, entre les rues Jean-Talon et Saint-Zotique. Cette dernière décision a été prise « au grand étonnement des marchands du quartier de la Petite Italie, qui n’avaient pas été consultés au préalable ».

« Sur Twitter, la mairesse a menti. Elle a écrit que le projet de fermeture se faisait à la demande de la Société de développement commercial Petite Italie », affirme Francesco Miele qui rappelle qu’une grande majorité des commerçants étaient farouchement opposés au projet de la Ville. Depuis, la Ville a rebroussé chemin.

Ce qui est plus grave encore, selon M. Miele, c’est que l’administration a profité de la situation pour accélérer des projets qui n’en étaient qu’à la phase embryonnaire de l’analyse. « Qui dit idéologie, dit clairement agenda politique », affirme-t-il. M. Miele rappelle également que certains de ces projets devaient être réalisés sur un horizon de deux ans, voyant le jour donc après l’élection de novembre 2021. Cela concerne plus du tiers des projets mis de l’avant, soutient-il.

Dans sa motion qui sera soumise au conseil municipal, l’opposition officielle précise que les aménagements temporaires doivent l’être véritablement, c’est-à-dire qu’ils doivent être retirés pour la rentrée de l’automne. « Nous connaissons trop bien les visées anti-voitures de Projet Montréal pour les croire quand ils affirment que ces aménagements ne sont que temporaires », conclut M. Miele.